Une tentative ratée la veille, et me voilà en ce troisième jour à Pékin aux portes de la Cité Interdite.
La veille, je suis sortie du métro "Tian'anmen" mais ai renoncé devant le monde faisant la file pour passer le point de sécurité me disant que je reviendrai le lendemain tôt afin avant 8h30, l'heure d'ouverture de la cité. Résolution prise, je m'en vais découvrir un autre quartier.
Ancienne résidence impériale, la cité fut durant 5 siècles le centre politique de la Chine. Imposante sur le plan architectural (960 mètres x 750 mètres), sa construction, sous le règne de l'empereur Yongle, s'acheva en 1420 après 12 petites années et 200 000 ouvriers. L'enceinte culmine entre 7 et 10 mètres, les douves sont larges de 52 mètres, 12 millions de briques pavent la cour, et l'ensemble compte pas loin de 9000 pièces. Un nombre impressionnant de pièces mais beaucoup de monde à loger : l'empereur, l'impératrice, les concubines, les enfants de l'empereur et jusqu'à 20 000 eunuques selon certaines périodes. Les concubines étaient recrutées parmi de jeunes Mandchoues ou Mongoles de 13 à 15 ans, l'une d'elle devenait Impératrice, deux autres secondes épouses, quatre autres concubines impériales, six autres concubines de quatrième rang, l'empereur avait également le droit à des concubines de cinquième rang et à un bon nombre de concubines de rang inférieur. Avait-il le temps de contenter tout le monde ?
Le lendemain un peu avant 8h je sors du métro et j'emboîte le pas à la foule chinoise, devant jouer un peu des coudes pour ne pas trop se faire doubler. Premier point de sécurité passé, je me trouve sur la place Tien'anmen face au portrait de Mao en 4x3 épinglé sur la Porte de la Paix Céleste. De chaque côté, un calicot , l'un déclamant "longue vie à la République populaire de Chine" et l'autre longue vie à l'union entre les peuples du monde". Je vous laisse trouver lequel est lequel.
On rentre dans une première cour entourée de hauts murs derrière lesquels se trouvent des parcs que, je me rends compte maintemant, je n'ai pas visité. Je suis le flot de chinois, qui pour certains plus jeunes veulent un selfie avec moi. Les têtes occidentales ne sont pas légion à Pékin et on est régulièrement regardé avec intrigue par certains enfants voire même parfois certains adultes. Selon les endroits où je me promène je suis la seule "occidentale", 98% des touristes à Pékin sont chinois et la Cité Interdite ne fait pas exception. Touristes chinois qui pour certains ont une valise, ils doivent arriver directement du train ou repartir tout juste la visite finie. Les familles apportent de quoi manger et boire. Ici, c'est pas comme dans les parcs d'attraction, on peut amener sa nourriture et manger partout.
Billet en main pour une prix dérisoire (60 yuans soit 8 €), je franchis une deuxième porte, puis nouveau contrôle de sécurité, achat d'un audioguide (mal fait sauf pour la carte, j'aurai pu m'en passer) et c'est parti pour 3h à 4h à arpenter les ruelles, à faire le tour des places, à faire la queue pour voir l'intérieur d'un palais, à éviter de se prendre une ombrelle dans la tête, à boire, à faire des photos (bien évidemment), à se faire pousser, à entendre des consignes énoncées au mégaphone par le service de garde de la Cité.
Il y a vraiment beaucoup de monde, beaucoup trop de monde, par moment ça gâche un peu le plaisir et à quelques endroits je renonce. En fait la grande majorité de gens reste sur l'axe principal de la Cité Interdite, la traversant du sud au nord mais ne vont pas sur les parties est et ouest. J'opte pour l'est et c'est une excellente option (pour 10 petits ¥ supplémentaires) nettement moins de monde et des palais somptueux, une vue sur les toits entremêlés magique, des jardins, un chef d'oeuvre "L'empereur Yu dirigeant l'aménagement des cours d'eau" ciselé dans un bloc de jade de plus de 2,20 mètres, des éléphants, un trône. Il s'agit dans cette partie des quartiers de l'ancien empereur Qianlong qui céda le trône en faveur de son fils après 60 ans de règne, ne souhaitant pas dépasser le record de longévité de son ancètre Kangxi. On trouve également dans cette partie un puits connu de très nombreux chinois et très prisé par la fonction photo de leur smart-phone. C'est ici que fut jeté la favorite de l'empereur Guangxu, la concubine Zhen (1900), sur ordre de l'impératrice douairière Cixi au moment de l'assaut de Pékin par les troupes étrangères, car elle soutenait l'empereur dans son souhait de réforme des instances politiques.
Au bout de cette partie est, on arrive proche du mur d'enceinte de la Cité, il me faut donc retourner sur mes pas car, puisque le lieu est immense, je n'ai pas tout vu : je traverse le jardin impérial où je retrouve la foule pour regagner un dédale de ruelles me permettant d'aller admirer les 6 palais de l'aile est, de retrouver la somptuosité de la cour intérieure et repartir de l'autre côté pour faire quelques palais (pas tous, mea culpa) de l'aile ouest.
Cette cité est somptueuse, la vue sur les toits dorés se chevauchant est sublime, encore plus quand le nuage de poIlution de Pékin veut bien laisser la place à un petit rayon de soleil.





















Gourmand sur tous les points cet empereur :p
RépondreSupprimerEn tout cas ça a vraiment l'air magique !
Bisous