mardi 9 août 2016

... Et le reste,

Cité Interdite, Muraille de Chine, ... Certains quittent Pékin après. Mais en dehors de ces deux incontournables, Pékin regorge de choses à voir ou à faire.

Les hutongs. Il s'agit des anciens quartiers du centre de Pékin, dédales de rues étroites et de façades grises, ils sont le royaume des vélos, cyclos-pousse et autres voiturettes transportant personnes, marchandises et détritus. Mis à part pour les vélos, les batteries électriques ont remplacées les pédales. Côté circulation, en dehors des hutongs, elle semble sauvage, chacun répondant à ses propres règles. Klaxon omniprésent, tout le monde se croise, se double. Au bout de quelques jours, ce capharnaüm est plus structuré qu'il n'y paraît, réglé comme du papier à musique. Dans les hutongs, le temps semble suspendu : on se balade entre les vêtements séchant accrochés sur des cintres dans la rue, les petits commerces alimentaires, les réparateurs de vélos, les rémouleurs, les mamies qui papotent, les balayeurs, les ouvriers remettant en état les siheyuans (maisons traditionnelles des hutongs), les policiers qui font le pied de grue à l'entrée des hutongs, les restos boui-boui au-dessus desquels flottent des lanternes rouges, ... Et on se surprend à tomber sur des cafés bobo qui ne dénoteraient pas dans certains quartiers parisiens ou d'autres villes françaises ou du monde. Les hutongs sont apparemment menacés mais je ne pense pas ceux du centre-ville. Ceux plus éloignés ont pû être rasés, la population délogée et déplacée au profit de projets immobiliers de grande envergure. 


Le Parc de la colline de charbon. Toujours en passant dans les hutongs, je me dis que je vais descendre jusqu'aux abords de la Cité Interdite, pas très loin sur le plan. Sur le plan seulement, car en fait, l'entrée doit être est à 5 ou 6 kilomètres, je reste donc dans la partie au nord de la Cité et entre dans la parc de la colline de charbon qui surplombe la Cité Interdite. On y a une très belle vue sur les toits dorés de la cité impériale, vue qui doit être magique quand le ciel est dégagé et que le ciel brille, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. J'assiste tout de même au coucher de soleil qui apparaît comme une grosse orange bien ronde derrière un épais nuage de pollution. Ce parc est aussi un lieu de tai-chi, de calligraphie éphémère, de tijianzi (une sorte de badmington qui se pratique avec les pieds) et de danse. 


Le Temple du Ciel. Deux fois plus grand que la Cité Interdite, il est construit à la même période mais est, à l'époque, en dehors de la ville. Public depuis 1949, il était jusque là réservé à l'empereur qui y célébrait des cérémonies. On y trouve le parc Tiantian à l'intérieur duquel plusieurs édifices : la salle de la prière pour de bonnes moissons, la voûte céleste impériale et l'autel du ciel. Très beaux édifices mais beaucoup de monde également. 


Dazahlan. C'est ici que commençait la ville chinoise par opposition à la ville tartare, celle des mandchous, fondateurs de la dynastie Qing. La rue Dazahlan est piétonne et commerçante, elle est le lieu d'enseignes centenaires mais aussi d'enceintes occidentales comme Starbucks ou musée de Mme Tussaud. Les rues alentours sont également commerçantes puis on s'enfonce progressivement dans un hutong agréable bien que non arboré. 


Sichaihai (lacs des 10 monastères). Très animé de jour comme de nuit, c'est le lieu de promenade des pékinois. Déambulation autour des lacs, on pêche, on nage, on fait du bateau, on se pose en terrasse d'un restaurant ou dans un bar pour écouter un groupe de rock, de pop, un guitariste, ou un groupe de ballades chinoises. 


Le palais de Confucius. Deuxième temple confucéen de Chine datant de 1306, on y trouve différentes stèles : sur celles de l'entrée sont gravés les noms des lauréats aux concours impériaux depuis le XIVème siècle et sur celles du fond, les enseignements de Confucius, douze année à graver 189 stèles. 


Le temple des Lamas. Mon gros gros coup de coeur après la Cité Interdite. Ce temple est ultra reposant, certes il y a des touristes mais ici le recueillement est de rigueur. A l'entrée, un paquet de bâtons d'encens peut être récupéré et c'est un très joli ballet que de voir les gens brûler leur bâtons au quatre vents et s'agenouiller devant les nombreux bouddhas posés à l'intérieur des somptueux palais dont un gigantesque (une ouverture dans le toit du palais a dû être aménagée). L'ensemble constitue un ancien palais impérial offert aux moines tibétains en 1732 et qui devint alors le lieu de culte le plus important hors du Tibet. Il accueilla au XVIIIème et XIXème jusqu'à 300 lamas.


Architecture contemporaine. Mise à part, les édifices historiques, il y a à Pékin des quartiers de hauts buildings et de construction plus contemporaine même si c'est à Shanghai que se montre la Chine moderne. Quartier des ambassades, Parc Olympique et nouvel Opéra de Pékin sont quelques exemples de l'architecture contemporaine. Entre les édifices centenaires de briques grises et à triple toiture et les structures récentes de verre et d'acier, on trouve d'imposants bâtiments dans le pur style stalinien construit sous l'ère Mao, gros pavés rectangulaires aux hautes colonnes cubiques. On en trouve beaucoup autour de la place Tian'Anmen, tous flanqués sur le haut d'une étoile associée ou non à la couleur rouge. Le mausolée de Mao, au milieu de la place Tian'Anmen répond à ce code, une immense bâtiment pour un petit corps que des milliers de chinois viennent voir tous les jours. 


793 Art District. En périphérie du centre de Pékin, dans le nord est de la ville, les artistes ont élus domicile. Le 793 Art District s'étend sur plusieurs rues et occupe des anciens bâtiments industriels de conception allemande des années 1950. D'abord squat aux débuts des années 2000, l'espace a progressivement été repris par la ville. Le tout s'est boboifié. Il y a une certaine affluence dans ce regroupement de galeries, de centres d'art et des boutiques. 


Wangfujing. Lieu des gros centres commerciaux où toutes les marques occidentales ont leur place, il y a à côté une rue où les papilles se révulsent avant de peut-être se laisser tentées par quelques insectes, animaux marins grillés ou autres (étoiles de mer, hippocampes, sortes de scorpions ou vrais scorpions, sortes de blattes ou vraies blattes, criquets, serpents, crapauds, ...). Personnellement, je me suis dégonflée, je n'ai pas tenté. 


Voilà globalement ce que j'aurai vu à Pékin. Il me manque le palais d'été, le marché aux puces, un ou deux autres temples, des lacs, une balade à vélo dans les hutongs, un spectacle de kung-fu, d'acrobaties chinoises ou de théâtre ou les trois, ... 

Bref, Pékin, il y a de quoi faire ... 

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