lundi 27 avril 2015

Bolivia, mierda que bonito !

7 heures, le réveil sonne pour la dernière fois au Chili. Pas grand monde dans les rues mais tout de même un peu plus qu'à 5h30.


Le rendez-vous est fixé devant l'agence, un mini-bus nous récupère et nous fait passer les frontières. D'abord le poste de la douane chilienne à San Pedro d'Atacama et puis quelques bonnes dizaines de kilomètres plus tard la douane bolivienne, sobre bicoque perdue en pleine plaine montagneuse. Les mini-bus laissent place à de nombreuses jeeps. Ceux qui reviennent du Salar nous laissent leur place dans les 4x4 et nous leur laissons les nôtres dans les mini-bus. Il doit y avoir entre 15 et 20 véhicules. C'est la basse-saison ! Quand les européens prennent leurs vacances estivales, on compte une bonne centaine de voitures sur les pistes. De plus, à cette même période, correspondant à l'hiver en Bolivie, les températures sont glaciales. Il est apparemment fréquent d'atteindre des -25°C. 

Les sacs à dos et les bidons d'eau de 6 litres sont chargés sur le toit de la voiture et protégés du sable, du vent et de la pluie par une bâche. Chaque voiture contient au maximum 7 personnes, 6 passagers et un guide. Le nôtre s'appelle Andres, est bolivien, habite à Uyuni et a 4 enfants. Cela fait 9 années qu'il fait les tours dans le Salar à raison de 2 tours par semaine. Le tour depuis San Pedro avec retour à San Pedro fait à peu prés 1000 kilomètres. Nous en ferons un peu moins, on va dire les trois quarts. Nous ? Trois français, une brésilienne et deux écossais. 

C'est parti pour 3 jours sur les pistes de l'altiplano bolivien entre lagunes, montagnes, volcans, déserts, rochers, geysers et flamants roses. 

C'est tout simplement sublime, extraordinaire. Les paysages se succèdent les uns après les autres. On pense toujours qu'on ne verra pas plus magnifique mais on est contredit. Mierda, que bonito comme ils disent !!! 

Jour 1, 

C'est celui des lagunes. Il y en aura trois : blanca, verde et colorada. Il y aura aussi le désert de Dali, des eaux thermales et des geysers. Un sacré beau petit programme pour cette première journée en Bolivie. 





      Laguna blanca. La première. C'est époustouflant. Forcément, tout le monde a vu des photos des lacs d'altitude entourés de monts enneigés se reflétant dans l'eau claire tout juste perturbée par la marche des flamants roses. La perfection. 

      Laguna verde. La deuxième. Un peu moins grandiose, le soleil ne donne pas dessus et je n'arrive pas à bien la prendre de photo ! Remplies de minéraux, les eaux de ce lac sont toxiques. Il n'y a pas de flamants roses car les pauvres n'y survivraient pas. 


      Desierto de Dalì. Du sable et des rochers. Ce nom lui a été donné car les déserts peints par Salvador Dalí lui ressemblent fortement. 


      Les eaux thermales Polques. Cette fois, contrairement au Tatio la veille, je ne dis pas non. L'eau est à 35°C, la vue sublime, on y resterait bien mais notre corps ne dit pas la même chose. À 4200 mètres, il est déconseillé de rester plus de 20 minutes dans l'eau. 


      Les geysers sol de la mañana. Rien à voir avec ceux vus du côté de San Pedro d'Atacama. Ils sont beaucoup plus sauvages, violents, boueux, grandioses, rapprochés les uns des autres dans des petits vallons de roches. On ne peut pas y rester très longtemps. Non seulement parce qu'il s'en dégage une odeur d’œuf pourri, la faute au souffre mais surtout parce que nous sommes à 5000 mètres et qu'à cette altitude-là on commence à sentir sa tête tourner. C'est la première fois que je monte si haut. Plus tard dans la journée, j'en sentirai un peu les effets. Mais déjà, le souffle est plus court et accélérer le pas ou courir légèrement se fait ressentir immédiatement. 





     Laguna colorada. Dernière étape de la journée. Les eaux de cette lagune sont rouges ou bleues, les herbes sont jaunes ou vertes, les montagnes et la terre sont marrons, la neige et le borax sont blancs, les flamants sont roses ou gris. Que cet endroit porte bien son nom ! 

Voilà pour ce premier jour ... Extraordinaire !!! De plus nous avons la chance de passer la nuit en face de la laguna colorada, ce qui nous permet d'y aller librement sans dépendre de la jeep. 
On a posé nos sacs à 4200 mètres dans un refuge sans douche. Dès que le soleil est couché, le froid nous envahit, fatigue aidant. A tour de rôle, on va mettre bonnet, gant, veste, grosses chaussettes. On attend qu'une seule chose, manger pour pouvoir se mettre au lit sous plusieurs couvertures et sac de couchage. 21 heures, au lit. 


Jour 2, 

Sur le programme, il est indiqué que le petit déj devrait être prêt à 7h30. À 7h30, on est prêts pour le petit déj'. Mais lui, il ne l'est pas encore. On attend patiemment toujours munis de nos vestes, gants et bonnets. Le guide de l'autre groupe (avec qui on partage le refuge) nous dit que c'est l'heure bolivienne. On le regarde, on se regarde et on rigole en se disant que les boliviens ne doivent pas être connus pour leur ponctualité. Le guide nous redit que c'est l'heure bolivienne. Pas la même que la chilienne ... Non pas la même qu'au Chili, une heure de moins !!! Du coup, on est bon pour attendre 45 minutes pour que le petit déjeuner soit prêt. Finalement, il nous sera servi plus tôt. Finalement, hier on s'était couché à 20 heures.

Au cours de ce deuxième jour, les paysages sont plus arides et désertiques. 
Le premier stop de la journée se fait dans un endroit où s'accumule d'immenses rochers que l'on peut escalader. L'un est plus célèbre que les autres bien que plus petit, c'est l'árbol de piedra.


Arbol de piedra
Puis on roule pendant un certain temps à travers le désert de Siloli, on passe dans des canyons pas très élevés mais très étroits.Les photos ne sont pas toujours évidentes à prendre depuis l'autre côté de la vitre de la voiture ! 


   
   Puis plusieurs lagunas altiplánicas s'enchaînent (Chiarcota, Honda, Hedionda, Cañapa).



Laguna Honda



   La laguna Hedionda possède même un hôtel coloré avec  ... le wifi. Il est vraiment partout celui-là. Les flamants roses sont toujours là. Je découvre comment ils s'alimentent. Ils marchent en laissant traîner leur bec dans l'eau qui agit comme un filtre, garde les bonnes particules et laisse échapper l'eau. 

Nous prendrons notre repas à la laguna Cañapa. Et oui, nous ne sommes pas encore rassasiés malgré la quantité de beauté vue. 


     
On reprend la route direction le Volcan Ollagüe, situé à la frontière de la Bolivie et du Chili, qui culmine à 5868 mètres, il est actif, de la fumée sort de son cratère. 
   

Volcan Ollagüe
Puis nous traversons le Salar de Chugiuana. La bolivie possède une des plus grandes réserves de sel au monde. Il est extrait et expédié par chemin de fer jusqu'au port chilien d'Antofagasta avant d'être exporté dans le monde entier. Ce salar est déjà grand. Qu'en sera-t-il de celui de demain ?!?!?




Le soir nous nous retrouvons dans un hôtel de sel, c'est-à-dire construit en briques de sel. Nous ne sommes à nouveau que deux groupes, ceux de l'agence, bien loin des autres groupes. C'est appréciable, un grand hôtel pour onze personnes. Il fait moins froid que la veille, le sel est un meilleur isolant, nous sommes aussi moins haut, à seulement 3600 mètres. Le repas avalé, nous restons sur une interrogation : avons-nous eu du poulet ou du flamant-rose à manger ... L'ossature de la bête semblant peu commune pour du poulet ! Nous ne nous coucherons guère plus tard que la veille. 


Jour 3, 

A 5h20, les sacs sont sur le toit, le 4x4 affiche complet et on part. Direction le Salar, point final de ces 3 jours. Point culminant ?!?! Il fait donc nuit, ce qui permet d'admirer une nouvelle fois les étoiles et la voie lactée nettement visible. Nous repassons par quelques petites routes, longeons les petits champs de quinoa vus la veille. On prend à gauche. Aux pistes caillouteuses et bringuebalantes succède la fluidité du sol de sel. Ça y est, nous y sommes. Il fait toujours nuit. Au fur et à mesure de notre avancée dans le salar, les couleurs commencent à apparaître sur le côté droit de la jeep. C'est calme. C'est immense, ça semble sans fin, on ne distingue que peu de contour. Les phares qui étaient derrière nous se déplacent plus ou moins loin sur notre gauche ou notre droite. Ici, il y a de la place pour tout le monde. C'est un sentiment étrange que de voir ces voitures rouler avec nous, toutes vers le même but, tous devant ressentir la même chose. Comme une sorte de communion. Par moment Andres éteint les phares, ce qui laisse encore mieux savourer le lever du soleil, l'ambiance particulière de ce petit matin. La voiture est silencieuse, elle l'a d'ailleurs souvent été si on fait abstraction des chansons "muy romantico" de notre guide. Mais aujourd'hui elle l'est encore plus. On roule assez longtemps. Et puis on commence à apercevoir une île. Oui une île. Plus on s'approche et plus j'ai réellement l'impression que nous sommes dans un bateau et que nous allons accoster sur cette improbable île. 

Nous grimpons sur l'île Incahuasi afin d'admirer le lever de soleil. Elle est remplie d'énormes cactus certainement centenaires. Le soleil se lève et laisse découvrir l'immensité à 360°. L'horizon est dégagé quasiment partout. Le temps passe, les gens redescendent et je reste en haut à regarder sans cesse ce qu'il y a, essayant de me persuader que je ne suis pas en plein milieu de la mer. Avec les montagnes au loin et avec d'autres collines semblant moins éloignées et détachées du reste, je me crois en Polynésie. Tout simplement sublime.




Quand je redescends, les autres sont attablés, à part "amasing", "extraordinary" and "unbelievable" pas grand mot pour parler de ce que nous venons de voir. Le petit déjeuner terminé, on part à pied faire le tour de l'île, Andres nous récupérant plus loin. Expérience étrange que de marcher sur ce sol dur alors que l'on s'attendrait à un sable meuble. Il est râpeux mais pas froid sauf quand on s'arrête de marcher.  De l'autre côté, l'horizon est dégagé. Seules quelques jeeps passent. Quel dommage de ne pas pouvoir marcher sur ce sol.




Andres nous récupère, et nous filons à travers le blanc. Encore et encore, c'est sans fin. Tout n'est que blanc. Plus d'avant, plus d'arrière, plus de côtés. Plus loin, des 4x4 sont stoppés très éloignés les uns des autres. Les occupants sont descendus. Séance photo pour profiter de la perspective inédite qu'offre le salar d'Uyuni. Nous ne dérogeons pas à la règle. On resterait bien là. Mais faut remonter, d'autres choses nous attendent encore paraît-il. 



Le Salar sous l'eau, un miroir d'une beauté inouïe. L'eau est froide, le sel se découpe en petits morceaux, l'eau est ultra salée, le reflet est parfait.


Bolivia, 

samedi 25 avril 2015

Je me suis levée tôt.


Un avion depuis Hanga Roa, une nuit à Santiago, 24 heures de bus pour parcourir 1600 kilomètres et me voilà en plein désert chilien. Au nord. Proche de la frontière bolivienne. A San Pedro d'Atacama. 
Ici c'est aride, très aride, il pleut très peu sauf il y a environ un mois où il a plu un peu plus. Ce qui a crée des inondations impressionnantes et catastrophiques un peu plus au sud de San Pedro. 

Donc ici c'est le désert à 2500 mètres d'altitude, la cordilière des Andes, des volcans enneigés partout qui flirtent avec les 6000 mètres, des lagunes de l'altiplano, des geysers, des vallées rocheuses. Dépaysement total après la verdoyance de Rapa Nui, j'adore ces paysages de montagne aride. Quand j'arrive, je trouve un dépliant avec un certain nombre d'excursions possibles, y'a de quoi faire. Zut, et moi qui n'avais prévu de rester que deux jours car le temps commence à m'être un peu compté. 

San Pedro d'Atacama semble être un petit village fait pour les touristes mais c'est très mignon et très agréable. On s'y sent très bien. Rues et maisons basses sont en terre rouge. Il n'y a que agences touristiques, restaurants, boutiques de souvenirs, maisons de change et mini-markets. Bref ça va me prendre du temps de trouver la bonne agence pour faire les excursions ! Dans les rues, ça parle français, espagnol, allemand, anglais, ... On se déplace à pied ou à vélo. Je suis interpellée par des triporteurs contenant des dizaines de bidon de 6 litres d'eau. Mais pourquoi ? 

Bref, ne perdons pas de temps et voyons ce que nous pouvons faire. Il y aura la vallée de la Lune, les geysers du Tatio et je me renseigne aussi pour le Salar d'Uyuni. 



Vallée de la Lune, 

Pratique car elle se fait en fin d'après-midi, je peux donc y aller le jour même de mon arrivée. Elle est située dans un parc national géré par une communauté d'aborigène. C'est sublime. Je n'ai encore pas vu de paysages comme cela au cours de mon voyage. Je la fais en bus mais il est possible de louer des vélos à San Pedro. 

A première vue, on pourrait croire que c'est de la neige mais c'est du sel, rien que du sel. A la vue des paysages, pas besoin de vous expliquer pourquoi on parle de vallée de la Lune.
Machine servant à l'extraction de sel. Le Chili est une des plus grandes réserves de sel au monde qu'on utilise notamment pour faire le lithium contenu dans nos batteries.
Tout se mélange, roches, dunes et sel.
Valle de la muerta
Volcans, au premier plan le Licancabur
Coucher de soleil sur les Andes, de l'autre côté la Bolivie


Geysers du Tatio, 

Voilà, je vais enfin pouvoir respecter le titre que j'ai donné à ce blog et me lever tôt ! Départ prévu à 5 heures du matin. Faut être bien couvert car après presque 1h30 de route un peu chaotique on arrive à 4200 mètres d'altitude et il fait un petit -8°C. Ça fume de partout. Des geysers plus ou moins importants sortent du sol. Ils se calment d'un coup ou au contraire s'excitent soudainement. Ils sont bruyants. Ils sont chauds. Le petit déj' est servi au milieu de tout cela. Après pour les plus courageux, dont je ne ferai pas parti, il y a une therme d'eau chaude. Le temps est passé et les geysers se sont un peu calmés car l'écart de température entre celle extérieure et celle de la terre est moindre donc l'activité l'est également. Sur le retour, on aperçoit des vigognes, des oiseaux et des plaines assez vastes. C'est sublime. Je commence à voir les fameux paysages de l'altiplano. 


Geysers et minéraux colorés

Machine servant à l'extraction des minéraux
Les thermes, 30 à 35°C à 4200 mètres d'altitude

Quelques vigognes sur les vastes plaines de l'altiplano chilien

On fait halte dans un petit village comme les très très nombreux groupes de la matinée. C'est le mauvais point de toutes ces excursions. Le petit village de Machuca est un ancien village traditionnel de la région. Il est isolé, situé à 1 heure de route de San Pedro, à +/- 4000 mètres d'altitude. Mais la modernisation est partout et il est maintenant équipé de panneaux solaires et de paraboles. Pas vraiment d'intérêt, je ne sais pas vraiment pourquoi on s'y arrête si ce n'est pour les toilettes et la possibilité d'acheter un morceau de viande de lama. Je devrais avoir d'autres occasions de la tester.



Sur toutes les maisons, une croix
       
Comme partout, de vieux véhicules abandonnés et laissés au sort de la rouille
Mes premiers lamas de près. Ici ce sont des animaux d'élevage dont on mange la viande. Ce sont apparemment des animaux très intelligents qui mémorisent le chemin pour entrer à la bonne heure à la ferme.
De retour à San Pedro, je me penche sur la suite de mon voyage. Julie me recommande très vivement l'excursion "Piedras rojas", ce qu'elle a vu de plus beau depuis le début de son voyage (elle a déjà fait le Pérou et la Bolivie) mais je ne la ferai pas. Il faut que je file. En après-midi, je vais réserver pour mon passage en Bolivie le lendemain via le Sud Lipez et le Salar d'Uyuni. Un dernier resto tous ensemble et demain le réveil sonnera un peu avant 7 heures.