dimanche 19 juillet 2015

Troisième oeil (5)

Es el ultimo, les 4 derniers thèmes et normalement le dernier post de ce blog, enfin pour ce qui concerne ce voyage-ci. 

Tout le long de mon voyage, je n'ai vu que de la COULEUR. Beaucoup de photos auraient pu convenir à ce thème : les couleurs de l'arc-en-ciel, les couleurs del caminito à Buenos Aires, les couleurs des fresques à Valparaíso, les couleurs des lagunes du Sud Lipez Bolivien, la diversité des verts proposée par l'île de Pâques, des bleus transparents des eaux du Pacifique aux bleus turquoise des lacs patagoniens, les couleurs lumineuses d'Ushuaïa, les vêtements des femmes boliviennes, ... Mais ce sera ces premières couleurs automnales sur l'un des lacs entre Pucòn et Puerto Varas au Chili. 

La Bolivie est un pays étonnant. Voilà comment les ENFANTS boliviens profitent de leur dimanche après-midi dans le parc Bolivar de Sucre. Je trouve l'idée géniale ! 

Les lamas vus l'ont été au nord du Chili et en Bolivie. Dans les deux pays, ils sont décorés de bouts de laine accrochés au pelage ou aux oreilles : une sorte de COLIFICHET

Ce jour-là, j'ai eu peur que l'on ne s'approche plus près. Pourtant j'en avais vu des photos de ce glacier avec les passerelles remplies de touristes. Je savais donc que c'était possible et même impossible de ne pas faire comme eux. Mais j'ai été envahie d'un doute irrationnel. Tapi au fond du lac entre deux montagnes, il faudra encore quelques minutes pour s'approcher de lui et qu'il me laisse de glace entre des CHUT et des chutes. 

jeudi 16 juillet 2015

Troisième oeil (4),

Quatrième et avant-dernier épisode de la série.

Question câbles ELECTRIQUES, c'est la véritable cacophonie. Cette photo a été prise à Valparaíso qui possède un système de trolley-bus augmentant le nombres de câbles. Mais même en dehors de cela, les fils électriques semblent emmêlés les uns dans les autres quand ils ne le sont pas avec les branches et le feuillage des arbres. 

Un des premiers moais vus en sortie de la ville d'Hanga Roa le long des côtes du Pacifique. Plusieurs dizaines de minutes d'immobilité, de contemplation, de silence face à ces blocs de pierre dont émanent une force importante et une sacrée SERENITE

Le guide du routard nous promettait une vallée dont les qualificatifs étaient tous plus grandioses les uns que les autres. Nous avons poussé la route jusqu'au bout afin de trouver les qualificatifs attendus. Cette vallée qui se devait magnfiquement inondée ressemble davantage à une SIMPLE vaste prairie où résident des arbres morts quand celle-ci n'est pas infestée par les moustiques des marécages. 

Voilà pourquoi nous avons embarqué sur un bateau à Queilon aux îles Chiloé : la possibilité de voir quelques dauphins. Notre OPTIMISME a été récompensé. Après des manoeuvres d'approche, nous avons vu 6 ou 7 dauphins jouant dans le remous d'eau crée par le bateau, passant sous la coque à vive allure, la longeant en tapant la queue à la surface de l'eau, sautant, poussant des cris, contents de partager 40 minutes de leur journée avec nous. Et nous donc ! 

dimanche 12 juillet 2015

Troisième oeil (3)

Troisième épisode de la série et il n'est pas toujours évident de trouver des photos collant aux thèmes que je n'aurais pas déjà publiées dans les articles. 

Je n'ai pas réalisé beaucoup de PORTRAITS, il y a plutôt des demi-portraits. Mélange de crainte vis à vis du touriste, de croyances populaires et du souhait de ne pas être une attraction, il est extrèmement difficile de prendre les boliviens en photo. Bien souvent s'ils sentent qu'ils sont dans le cadre, ils se détournent et vous interrogent pour s'assurer que vous n'emporterez pas une photo d'eux à l'autre bout du monde. Ce paysan de l'Isla del Sol redescend vers le village de Cha'llapampa avec ses ânes. 

Des centaines de photos pourraient coller à ce thème : MULTICOLORE. En Amérique du Sud, tout est couleur ; naturelle ou bien apposée par l'homme. Sur le retour d'une ballade vers la frontière péruvienne au lac Titicaca, une truie avec sa portée éclectique. Est-elle la mère de tous ces porcelets ou bien une nounou ? 

Cratère du volcan Rano Rraku, DERRIERE MOI où étaient façonné les gigantesques moais se dressant à divers endroits de l'île de Pâques. 

Dimanche midi, marché du port de Castro sur l'île Chiloé au Chili. VISAGE d'une famille de pêcheurs préparant des ceviches, poissons, coquillages ou oursons crus avec jus de citron et persil.

dimanche 28 juin 2015

Troisième oeil (2)

Voici le deuxième épisode de la série,

Quels MOTS mettre sur une pancarte de stop ? Quelle taille et épaisseur pour les lettres ? Quelles villes inscrire ? Celle où l'on veut aller au final au risque que personne ne nous prenne en se disant que c'est trop loin et qu'ils n'y vont pas ? D'autres étapes sur le chemin ? Pancarte humoristique ? Pancarte polie ? D'ailleurs faut-il toujours la sortir ? Le stop fonctionne-t-il mieux sans carton ? 

Oh ces BLEUS GLACIERS je n'en avais jamais vu de tels. D'ailleurs quelles couleurs de manière générale. Me voilà bien vêtue pour savourer les eaux bleues de ce lac issu du glacier de l'autre côté au pied du Mont Fitz Roy (3359 mètres). Ça caille bien à cette altitude mais on y resterait, même quand les rafales de vent plaquent au sol et que des flocons de neige viennent nous refroidir encore un peu plus. 

De tous les âges et de toutes les nationalités mais un même magnifique challenge : rejoindre Ushuaïa à VÉLO et pédaler pendant des milliers de kilomètres. Ils sont assez nombreux à faire cela, braver le froid , le vent de côté qui déporte, de face qui ralentit, de dos qui aide. J'en ai même vu dans le Sud Lipez bolivien en plein désert de roches à 4000 mètres d'altitude. Ici c'est un français de 65 ans qui approche de son but après avoir parcouru presque 3000 bornes depuis Mendoza. Courage, il ne lui en reste plus que 300 (c'est Julie qui a eu la bonne idée de le prendre sur son vélo quand il repartait, cette photo est donc la sienne).

mardi 23 juin 2015

Troisième oeil (1),

Pas évident de choisir une seule photo pour coller aux thèmes proposés mais voilà les premières,

Notre premier et unique CAMION dans notre aventure de stop argentin, ce fut celui de Robin avec qui nous traversâmes le nord de la Patagonie entre Rio Mayo et Bariloche.

Il y en a eu des choses IMPROBABLES lors de ce voyage. Tomber sur des chercheurs d'or chiliens sur la côte Pacifique de l'ïle Chiloé en fut une. 


Avec les imposantes fleures d'hibiscus, voilà une autre fleur de couleur ORANGE de l'île de Pâques. 

De retour de balade sur l'ïle de Chiloé, la pleine lune nous offre sa luminosité dans une nuit d'un noir INFINI. 

mardi 2 juin 2015

La cuenta por favor.


Rentrée depuis bientôt 3 semaines, il est temps de faire les comptes.

Au cours de ces 3 mois, j'ai parcouru 44671 kilomètres : 31119 kilomètres en avion, 8972 kilomètres en bus, 2554 kilomètres en stop, plus de 1586 kilomètres en voiture de location et 440 petits kilomètres en 4x4.

J'ai été assise pendant 33 heures 10 en avion, 158 heures en bus (soit presque une semaine) et 3 heures 30 en bateau.

La douane argentine a apposé 5 tampons d'entrée et 5 de sortie. Le Chili suit de près avec 4 entrées et 4 sorties et la Bolivie 1 de chaque. 

Mon passeport a séjourné 35 jours en Argentine, 34 au Chili et 17 en Bolivie. 

Je rentre avec environ 4000 photos. Une fois triées, il en restera nettement moins mais j'en garde tout de même certaines pour les thèmes photos de la rubrique "Troisième œil". 

jeudi 14 mai 2015

Que me encanta Buenos Aires,

Boucle bouclée, me revoilà à Buenos Aires.
Étrangement revenir ici me donne une autre vision du temps passé en Amérique du Sud comme si je n'étais pas partie si longtemps que cela finalement. Alors que sur les routes, à changer tout le temps d'endroit, à découvrir tout le temps de nouvelles choses, à ne jamais revenir en arrière, le rapport au temps est distendu, comme si cela faisait de nombreux mois que je voyageais.

Quel plaisir de retrouver Buenos Aires. Je ne sais pourquoi mais la première fois, cette ville m'avait fait une impression d'une pauvreté assez importante : rues sales, marchands ambulants dans la rue et dans le métro, mendicité, jongleurs et laveurs de pare-brises pour quelques pesos aux feux, bidonvilles derrière la gare du Retiro, ... Je sais que c'est la même chose à Paris mais peut-être que mon regard s'y est habitué. Discours français et recommandations diverses en tête, l'insécurité occupait mon esprit. Après avoir vu ce qu'il en était ailleurs, mon sentiment est autre. 
Une chose ne change pas, me encanta Buenos Aires, 

Avenida 9 de Julio y Eva Peron
Parque 3 de Febrero
San Telmo, lieu de naissance du tango
Marché de San Telmo
El Caminito, Barrio de la Boca





Quartier de Palermo
Edificio Barrolo, ma vue au réveil ce matin

mercredi 13 mai 2015

Linda Salta,

Je laisse donc la Bolivie derrière moi. C'est un pays contrasté entre tradition et quête de modernité. Entre beauté des paysages et pauvreté humaine. Selon les villes, j'ai l'impression de vivre deux pays. Je quitte Tupiza dans un petit van dont une des roues arrière est sur la corde. Mais c'est pas grave, l'important c'est les deux pneus avant, nous dit-on. Bah voyons !! Les critères ne sont vraiment pas les mêmes. Bon, on va faire confiance !!

Je ne peux avoir en tête que les paysages absolument somptueux du Sud Lipez et du Salar, c'est le spectacle le plus extraordinaire que j'ai admiré. 

Le long de la route qui mène à Villazòn, des roches rouges, des montagnes pelées peuplées de cactus, 1h30 de route sur un strapontin en compagnie de boliviens. Ici, pas d'arrêt déterminé. On s'arrête quand on veut. À se demander parfois où vont les gens qui descendent. 
Un peu de change dollars-pesos argentins à un meilleur taux que j'avais eu au black en Argentine, et c'est parti pour la file devant la douane bolivienne. Ce sera rapide mais j'aurais préféré que le douanier prenne son temps car je me retrouve encore avec un tampon dégueulasse de la Bolivie. Déjà qu'ils sont pas très beaux si en plus ils sont baveux ... La douanière argentine veut connaître toutes mes destinations à venir. Quoi ? Vous trouvez que j'ai trop de tampons argentins ? Vous vous y retrouvez pas ? C'est simple, 5 tampons d'entrée et 4 de sorties. Allez normalement c'est le dernier que vous mettez ! 
Une fois la horde de vendeurs et rabatteurs de compagnies de bus passée, je prends place pour 8 heures dans un bus en direction de Salta. Ce sera mon dernier voyage en bus. Après près de 160 heurs de trajets en bus, je me suis payée le luxe d'un billet d'avion pour revenir sur la capitale argentine. Si j'avais eu le temps, j'aurais pris "le train des nuages" pour rallier Buenos Aires. Il y a très peu de lignes de chemin de fer utilisées en Amérique du Sud (du moins dans les pays où je l'ai fait). En Bolivie, j'aurais pu prendre le ferro-carril entre Sucre et Potosi, bus sur des rails qui emprunte un autre chemin que la route et qui s'arrête dans plusieurs villages, mais je m'y suis prise trop tard. En Argentine, les lignes commencent à reprendre du service. Au Chili, aucune idée. 
Les paysages ici sont aussi superbes, c'est la région minérale de l'Argentine (ou une des) qui donne des couleurs superbes à la roche. Quelques montagnes qui passent montrent un bel échantillon de ce que la nature sait faire. Bien mieux qu'un nuancier de peintre. Arrivée en soirée à Salta, c'est vivant. Quelques empanadas, du tango sans danseurs dans un kiosque, un petit tour de la ville, des vendeurs de rues, des terrasses. 

La journée suivante sera rythmée par une balade dans la ville, entrecoupée d'une longue pause-terrasse sur la place principale de Salta. Ici les églises sont très colorées, les maisons basses, les arbres effeuillés, dans un mois et demi c'est l'hiver. Les cireurs de chaussures viennent proposer leurs services aux clients des restaurants. Les boutiques de souvenirs sont nombreuses dans les rues autour de la place mais peu de gens pour arpenter les trottoirs. On est dimanche.












Ça sent bon Buenos Aires, 

dimanche 10 mai 2015

¿ Es posible tener la carta de los postres, por favor ?

[Il fait très beau ici à Salta et je n'ai pas très envie de quitter la terrasse ensoleillée sur laquelle je me suis installée pour déjeuner. Par contre la glace que la dame mange en face de moi me fait assez envie ... "¿ Es posible tener la carta de los postres por favor ?"]


Tupiza c'est en Bolivie, une des dernières villes de Bolivie avant la frontière argentine. Ma dernière ville de Bolivie avant la frontière argentine. C'est aussi ici qu'auraient décidé de mourir, contre leur gré cela étant, Butch Cassidy et Sundance le Kid. C'est un peu le far west, canyons de roches rouges et cactus, ne manque que la musique d'Ennio Morricone.

[Bon bah pas de glace, la dame l'a en fait achetée au marchand de glace à côté "Entonces, un flan con dulce de leche por favor". Et oui, je suis bien de retour en Argentine, le dulce de leche est à nouveau partout.]

Après 6 heures de bus qui en paraissent 10 vu la lenteur du véhicule à monter les pentes, qui représentent une part importante du trajet, pas la majorité puisque nous redescendons à 2500 mètres d'altitude, je suis bien contente d'arriver à Tupiza. Petite ville tranquille, les restaurants italiens sont nombreux, peut-être est-ce dû au nom de la ville. On compte aussi quelques agences se proposant d'excursionner vers le Salar D'Uyuni. Un jour et demi, en mode semi-off, quand même une petite balade le matin dans la quebrada de Palala. Il fait très chaud et le canyon bien plus large que je ne pensais. Mes jambes sont vite fatiguées. Je commence à accumuler une certaine fatigue que je n'arrive pas vraiment à faire disparaître. Au bout de 2 heures et demi de route, nous décrétons le retour. On est quand même peut-être pas loin des 17 bornes aller-retour. 

Les paysages sont très différents de tout ce que j'ai vu pour le moment. Difficile de savoir quel pays, Argentine, Chili ou Bolivie, possède les paysages les plus contrastés surtout que malgré mes 3 mois de voyage, je n'aurais pas vu l'entièreté de ces 3 pays. En tout cas je n'ai jamais vu deux fois la même chose mise à part en Patagonie mais l'incroyable étendue sur laquelle se déploye le même paysage est assez époustouflante. 





Le retour est pour dans moins d'une semaine [le flan est terminé et la note sous les yeux, pas de doute possible non plus, je ne suis plus en Bolivie]. Il me reste encore une frontière à rallier, une nouvelle ville à découvrir ainsi qu'une autre à redécouvrir. Après 3 mois d'imprégnation en Amérique du Sud, mes impressions de Buenos Aires vont peut-être changer même si j'avais déjà adoré cette ville lors de mon arrivée. 

Vale un "Potosí"

L'histoire de la ville de Potosí est remplie d'anecdotes et de croyances populaires. 
Connue pour être une des hautes villes au monde (4070 mètres) et avoir fait la fortune de la royauté espagnole pendant près de trois siècles grâce à ses mines d'argent, il se dit qu'il y avait quantité suffisante d'argent pour construire un pont entre Potosí et l'Espagne, pont en argent massif bien évidemment, et qu'il en resterait encore assez pour en acheminer sur ce même pont.


Je ne passerai qu'une demi journée à Potosí, une demi journée supplémentaire aurait été bien pour profiter de la ville, de ses rues étroites et de ses beaux bâtiments coloniaux mais les liaisons de bus pour Tupiza ne concordent pas. Ça a l'air d'être une ville assez agréable, très jeune. Un petit tour dans la ville de jour, un autre de nuit et entre les deux la visite de la "Casa da la moneda", hôtel des monnaies d'une superficie de 7000 mètres carrés comprenant 150 pièces et 5 grands patios construits en plusieurs étapes et à plusieurs dates, entre 1562 et 1773. Le tout servit à frapper la monnaie espagnole jusqu'en 1825 (date de l'indépendance de la Bolivie). La Bolivie y fit frapper son argent jusqu'en 1951.



Casa de la moneda
Je n'aurai pas le temps de visiter les mines, toujours en activité et surtout je n'en ai pas très envie. Misère, conditions de travail horribles, inhumaines, risque de mort permanent, probable décès précoce et offrandes au diable pour lui demander sa protection sous terre, tout cela pour quelques bolivianos, à peine de quoi se nourrir. Les mineurs dont le nombre décroit au fil des années espèrent trouver le bon filon, celui qui leur apportera de quoi vivre toute leur vie. 


Histoire des mines,  Histoire de Potosí, 



Les espagnols ont fait exploiter le Cerro Rico (mont riche) mais la découverte du minerai ne leur revient pas.

En tout premier lieu, ce sont les Incas qui ont découvert que la roche de cette colline contenait un minerai intéressant mais au moment de commencer à en extraire, une explosion retentit. Croyant à une manifestation de Pachamama, ils ne poursuivirent pas ne voulant pas s'attirer les mauvaises grâces de la déesse de la terre. Ils repartirent donc en annonçant sur leur chemin "potocsi" (ça a explosé). Voilà le nom de la ville trouvée, devenant "Potosi" sous la déformation de la prononciation espagnole. 

En 1544, c'est au tour d'un autre inca de faire la découverte de l'argent du Cerro Rico. Lors d'un feu dans la montagne, Diego Huallpa s'aperçoit qu'un métal s'écoule. La nouvelle se répand et les espagnols investissent le cerro avec main d'oeuvre gratuite, esclaves indiens, africains et prisonniers. En 1545, Potosí est fondée et au bout de seulement 10 années, il n'y a plus d'argent à l'extérieur de la colline, il est nécessaire de commencer à creuser des galeries à l'intérieur. L'exploitation des mines (extraction et fonderie) aurait coûté la vie à près de 8 millions d'esclaves indiens ou africains. Ces derniers ont été amenés pour remplacer la "main d'oeuvre locale" qui disparaissait. Les hommes travaillaient la majeure partie de la journée dans les mines, y vivant 4 mois durant. L'empire espagnol, lourdement endetté auprès des banquiers étrangers, était extrêmement dépendant de cet argent. Tous les ans, des bateaux chargés d'argent arrivaient jusqu'à la mère-patrie pour en approvisionner les caisses. Un bateau au fond des océans à cause d'une tempête ou de pirates et c'était une catastrophe.

Ville coloniale à la très belle architecture, Potosí fut la plus riche ville des Amériques faisant la gloire de l'Espagne. Mais au bout de plusieurs siècles, les filons s'épuisent et la ville perd son aura. Moins de 10 000 personnes y vivent au milieu du XIXème siècle contre 200 000 au XVIIIème. La ville retrouve un petit regain avec l'étain supplanté par la suite par le zinc et le nickel. 


Histoire mouvementée, passionnante, tragique et architecture coloniale valent à Potosí de figurer au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1987. 

       Vierge à la montagne, peintre anonyme. Afin d'évangéliser les incas qui ne savaient pas lire et ne parlaient pas espagnol, les espagnols ont utilisé des peintures. Sur celle-ci, la vierge Marie est peinte dans le Cerro Rico. On y trouve des éléments de la religion catholique et de la religion andine, notamment la lune et le soleil qui pour les incas étaient des divinités. En ajoutant ces symboles aux peintures, les espagnols ont accéléré l'évangélisation. 
Une dernière anecdote : le symbole du dollar américain viendrait du nom Potosí. Lors de l'empire espagnol, il y avait des hôtels de monnaies un peu partout dans les colonies espagnoles et chaque hôtel apposait sa marque sur les pièces de telle sorte qu'il était facile de savoir où elles avaient été frappées. Généralement on ne gardait que les consonnes de la ville que l'on superposait. Pour Potosí, cela donnait P T S I. A l'époque, les reales espagnols avaient une renommée mondiale et spécifiquement ceux de Potosí. Les américains n'auraient gardé que les deux dernières lettres, en superposant S et I on obtient $.