mardi 31 mars 2015

Un peu plus au nord, un peu moins à l'est,


Mais fichtre pourquoi aller au Chili, repasser en Argentine pour au final retourner au Chili ?!?!!

Plusieurs raisons possibles, à vous de choisir : 
1) Nous n'avons plus de pesos argentins et grâce aux billets verts que nous obtiendrons au Chili, nous pourrons avoir de l'argent argentin, 
2) Nous avons des gens à récupérer en Argentine, 
3) Nous n'aimons pas le Chili, 
4) Nous voulons rouler 2600 kilomètres en Argentine aux commandes d'une voiture, l'équivalent du nombre de bornes que nous y avons faites en stop. 
5) Nous adorons passer les frontières et nous voulons recouvrir toutes les pages de nos passeports de tampons chiliens et argentins, 
6) Le vin argentin est meilleur que le chilien, 
7) Nous n'aimons pas l'accent des chicocos, 
8) Nous avons décidé de faire notre vie en Argentine, 

La route des 7 lacs au nord de Bariloche est une des choses à faire dans la région. Les routes gourdronnées et les pistes caillouteuses nous permettent de tester la puissance du moteur de notre voiture. Ce n'est pas avec elle que nous ferons le prochain Dakar ni même le rallye des gazelles. 

Jour 1- La faute à la tarte aux framboises, 


Maintenant nous sommes quatre donc un peu plus lents. Avec la voiture, on se dit qu'on sera plus rapide et que donc on peut partir plus tard sans se presser. Echanger des billets de 100 dollars contre des billets de 100 pesos, acheter un churrasco à une parrilla en plein air, dévaliser la fruteria, parvenir enfin à ouvrir le coffre pour y mettre les bagages et il est déjà 16h, l'heure où la marmite propose ses tartes aux framboises en terrasse sur l'avenue principale de Bariloche. Certes, mais il est déjà 16 heures. Il doit bien y avoir des tartes aux framboises à Villa la Angustura.
Pas de framboises sur les tartes mais d'autres fruits rouges ou des bois avec ou sans dulce de leche dans une petite maison de thé excentrée de la rue principale et de ses commerces. Forcément, le temps à tendance à se figer un peu et une fois 19h passées il faut se mettre en quête de nos lits pour la nuit. Pas grand chose à Villa la Angustura en tout cas rien de bon marché. Les prix sont identiques voire même plus chers qu'à Ushuaïa. On essaye de trouver des hébergements qui ne seraient pas référencés par l'office du tourisme en allant demander aux commerçants s'ils connaîtraient des gens qui loueraient des cabañas. Nada. On finira dans une auberge à quasiment 22 heures.
Les tartes étaient bien bonnes. 

Jour 2 - 16h toujours pas partis, 


L'objectif de la journée est de rallier San Martin des Andes situé 100 kilomètres plus au nord en commençant à emprunter la route des 7 lacs. Un détour par une frêle cascade quasiment à sec, un petit tour au joli petit port de Villa, une non-trempette pour ma part dans une eau un peu fraîche et on quitte Villa aux environs de 16h. Cette fois, on a un peu tiré les enseignements de la veille et on a réservé notre hostel à San Martin, hostel que finalement on changera une fois arrivés sur place. La route est jolie mais parfois un peu éloignée des lacs alors dès qu'on peut s'en approcher même par des routes caillouteuses et surpoussiéreuses et profiter de la tranquillité du bord de l'eau, on est partants. En fait, la voiture nous donne l'illusion qu'on sera rapide mais c'est sans compter sur les lumières, les couleurs des paysages, les oiseaux qui volent, les miradors en bord de route et nos satanés appareils photos. 

Jour 3 - Où elle est cette vallée enchantée ?


San Martin des Andes c'est la pointe nord du triangle formée par la-dite "Route des 7 lacs". On ne sait pas si le trajet qu'on fait est celui référencé par le guide du routard car les explications qui y sont données ne sont pas très claires (soi-disant en passant, le guide du routard est truffé d'erreurs). Bref, au bout d'un moment on ne cherche plus à savoir, on roule tout simplement sur les pistes en très mauvais état. La poussière s'accumule dans l'habitacle et dans le coffre, les lacs sont toujours là, leur eau est toujours turquoise, le ciel est toujours bleu et les paysages commencent à changer. Petit à petit, la montagne perd ses arbres et gagne de gigantesques rochers érodés par le vent créant ainsi des formes reconnaissables. C'est assez inattendu et superbe. Le retour vers San Martin se fera par la route opposée longeant un lac après avoir effectué un petit détour sur la grande route afin de trouver la "valle encantada". Au final, un écriteau l'indique sur la route principale en contre-bas d'une partie montagneuse assez érodée. Les roches sont plus rapprochées les unes des autres formant vraiment une portion plus dense de la montagne mais j'ai un penchant pour ce que nous avons vu plus tôt. 

Jour 4 - Dernier jour argentin, 

Et bien voilà, c'est mon dernier jour en Argentine. Normalement, je n'y remettrai les pieds qu'à la fin de mon voyage dans un mois environ. C'était super, gros gros coup de coeur pour la Patagonie juste sublime de paysages, de rencontres, de gentillesse, un peu moins emballée par Bariloche mais les deux derniers jours contrebalancent. Aujourd'hui, direction Pucòn au Chili. La route ne perd rien de sa superbe et un premier volcan commence à pointer le haut de son cratère. Pucòn c'est la région des volcans, notamment le Villarica qui est entré en éruption au début du mois de mars quand nous étions à Punta Arenas. Toujours en alerte orange, tout le monde attend qu'il fasse couler à nouveau sa lave. C'est aussi la mèque des sports aquatiques et à sensation. Mais c'est aussi les thermes. Le programme promet d'être varié. On trouve un hostel avec terrasse et vue sur le volcan, on sera aux premières loges. 



(Les bonnes réponses sont 1, 2, 4 et 8)

jeudi 26 mars 2015

Deux jours, quatre tampons et une voiture,


Pour les 15 jours suivants, on a envie d'une voiture pour pouvoir se ballader tranquillement dans la région sans être tributaire des liaisons de bus et de leurs villes desservies.

Après consultation de quelques prix en agence argentine et chilienne, on se rend à l'évidence : c'est moins cher au Chili sauf que nous, et bah on n'y est pas au Chili. Certes, on est pas loin, la frontière est à 100 kilomètres et y'a des bus qui amènent au Chili. Sauf que nous, on est en Argentine et que les bus argentins, et ben, ils sont "muy carò". Donc on va tenter le stop. Sauf que y'a une frontière à passer et qu'on sait que ça rend le stop moins évident. 
Le lieu pour faire le stop dans à peu près toutes les villes c'est la sortie de la ville qui bien souvent se trouve au terminal de bus. A chaque fois, on commence à lever le pouce et/ou la pancarte sur la route amenant à la gare routière mais les gens soit nous nient, soit font un geste indiquant qu'ils restent dans le centre ou qu'ils prennent une direction qui n'est pas la nôtre, soit se marrent, soit haussent les épaules et abaissent les lèvres de désolation car la voiture est déjà complète. 
On se stoppe un peu après le terminal de bus dans un endroit dégagé, il fait beau, c'est déjà un bon point. 30 minutes s'écoulent et on est pris par Gerardo et sa Fiat Uno qui reviennent de quelques jours de vacances passées à El Bolsòn, une ville plus au sud que Bariloch', il habite Villa La Angustura, 70 kilomètres plus au nord. Il nous dépose en sortie de ville. On se dit qu'il faut manger nos sandwichs car les douaniers chiliens sont pas des rigolos et jettent toute l'alimentation fraiche ou sèche (fruits, légumes, paquet de gâteau entamé, ...) à l'entrée du pays. Sandwich à la main, un camion arrive au loin. Est-ce qu'on tente ou bien on mange tranquillement au bord de la route ? Je lève le pouce. Le chauffeur appuie sur la pédale de frein. Il va jusque Osorno, la prochaine grosse ville au Chili, ce qui nous convient. Il nous dit qu'il nous déposera avant le premier contrôle barrière de la douane et qu'il nous récupérera après le second. Passage de frontière à pied, on attend un peu plus loin sur la route après un virage, afin de ne pas être à la vue des douaniers. Le temps s'écoule et Rafael ne repasse pas. D'ailleurs peu de camions passent. On se donne un temps et si une fois le délai écoulé, notre camion chilien n'est pas réapparu, on recommence le stop. Une voiture argentine passe puis recule. Elle pensait déjà avoir son quota d'auto-stoppeur en la personne de Ramsès, un jeune paraguayien, mais elle en comptera deux de plus. Le long des 40 kilomètres de route sinueuse qui sépare les deux postes frontière, on voit deux camions couchés sur le flanc. Les occupants sont indemnes mais certainement bien effrayés. Notre conductrice nous laissera également avant la première barrière de la douane argentine. 
À 18h, nous sommes en règle pour voyager au Chili. Rafael fait sa réapparition mais ne souhaite pas nous reprendre. Mystère ! Ce n'est pas bien grave car nous croulons sous les possibilités pour continuer : un autre camion pour Osorno que l'on partagerait avec Ramsès, le bus partant de Bariloche qui passe le contrôle frontière mais dont le prix est maintenant nettement moins cher (5000 pesos chilien (7 euros) pour faire 220 kilomètres contre 500 pesos argentins (50 euros au taux officiel) pour en faire 320) ou bien continuer notre stop et espérer une voiture qui irait à Puerto Varas. Finalement, cette dernière étape de route ne nous coûtera rien et nous serons déposées en plein centre-ville de Puerto Varas. 

Puerto Varas et le volcan Osorno
Lundi matin, on se met en mode trafiquant d'argent : retirer des pesos chiliens et les changer en grosses coupures de dollars pour pouvoir les échanger à un meilleur taux en Argentine. Des centaines de dollars dans les poches, on va récupérer la voiture. On fait quand même le tour des autres agences pour voir si y'a pas moins cher que ce qu'on a trouvé. Il y a mais les formalités administratives prendraient davantage de temps. On a besoin d'une autorisation pour circuler en Argentine et on la veut rapidement pour retourner à Bariloche le jour même. La plupart des agences ne peuvent nous la fournir que pour le lendemain. On récupère notre Nissan Tiida vers 17h30. 220 kilomètres nous séparent de la frontière qui ferme apparemment à 20 heures. Va falloir que ça le fasse car on a aucune envie de dormir dans la voiture en plein no man's land potentiellement entourées de pumas. Des travaux sur la route entre Osorno et la frontière nous ralentissent pas mal. On approche mais on n'est pas seules. Une longue file de voitures s’égrène jusqu’à la première guitoune chilienne, passant une par une. A chaque avancée, on craint que la barrière ne s'abaisse définitivement fermant la frontière pour la journée. Notre Nissan est la dernière voiture à passer avant 20h. On révise le nom du gars qui nous a loué la voiture car, petite magouille pour avoir les papiers plus rapidement, il faudra dire que nous sommes amis et qu'il nous a prêté sa voiture si jamais nous sommes interrogées. La frontière est blindée d'argentins qui rentrent de weekend prolongé. Bien qu'en voiture, on mettra encore presque 3 heures pour avoir deux tampons de plus sur nos passeports. Encore 100 kilomètres pour retrouver les chalets de Bariloch'. Minuit. Au lit ! 

mardi 24 mars 2015

Bienvenue dans les Alpes,

Quasi sans transition on passe des vastes plaines d'herbes jaunies à la montagne verdoyante recouverte de sapins.
A dire vrai, ce n'est pas mes paysages préférés, cela ressemble trop à ce que l'on connait en Europe. C'est davantage joli que beau, quoiqu'il y aura une exception. 
Bariloche est une ville plus grande que celles que nous avons traversées jusqu'à présent. On y trouve des rues à la San Francisco, des magasins d'articles de randonnée et de sportwear, des maisons en bois, des immeubles, des boutiques de chocolats, des restaurants de fondue au fromage, des Saint-Bernard pour faire des photos avec les touristes, ... Leurs spécialités chocolatées ne sont pas très appétissantes et ce n'est pas le nom de certaines de leurs enseignes comme "La Turista" qui changera les choses. 
En longeant le lac, le mimétisme avec nos Alpes est un peu plus grand. De larges écriteaux en bois plantés au bord de la route annoncent hôtels et cabañas répondant au nom exotique de "Chamonix" ou "Mont-Blanc ". C'est le coin chic de l'Argentine et une station de ski réputée au niveau national et sudaméricain. Au départ de Bariloch', on peut faire des randonnées avec quand même un petit point de vue sympa sur le lac Nahuel Huapi et ses îles ainsi que pas mal d'activités sportives. 



On peut aussi traverser la frontière et rejoindre le Chili en alternant traversée des lacs et liaison en bus. A ce propos, le Chili sera la prochaine destination. 


Ici dans l'hémisphère sud, les étoiles et les constellations sont différentes de celles observables dans le nord, apparemment Mars remplace Vénus (petit point au milieu du ciel). 

dimanche 22 mars 2015

Como ce dice "on a trop de cul" en espagnol ?


Petite rubrique économique pour commencer ce post.
La situation économique en Argentine est assez instable et l'inflation est importante. Il y a le taux de change officiel et le marché parallèle. Au cours officiel, 100 pesos valent 10 euros. Sur le marché parallèle, j'ai échangé à 13,6 à mon arrivée mais ce taux chute, il était à 17 en décembre dernier. Il varie aussi selon les villes et est meilleur à Buenos Aires. Bref, vous aurez compris, mieux vaut ne pas fréquenter les distributeurs de billets et les terminaux de carte bleue et arriver avec beaucoup de cash à échanger. En arrivant à El Chaltèn, j'ai 2400 pesos en poche. Un billet de bus pour Bariloche, notre prochaine étape 1400 kilomètres plus au nord, coûte 1600 pesos. Me resterait 800 pesos pour payer les nuits, la nourriture et j'arriverai sans le sou à Bariloche. Dans l'enveloppe qui me sert de portefeuille cachée au fond de mon sac, j'ai encore 100 euros et 320 dollars mais le taux de change est vraiment mauvais à El Chaltèn.

Donc on se dit qu'on va faire du stop. Quoi du stop sur 1400 kilomètres, ça vous semble difficile ? 
Bon d'accord alors au moins jusque Perito Moreno (600 kilomètres) et après on avisera, les bus seront moins chers au départ de cette ville, pense-t-on.  Le traffic ? Les agences touristiques nous disent que le dedo (stop en espagnol) ne fonctionnera pas à cause de la route. La route ? C'est la ruta 40 qui traverse l'Argentine du nord au sud sur 5000 bornes et elle n'est pas goudronnée partout. Apparemment les gens lui préfèrent la ruta 3, celle de la côte et bifurquent plus haut en direction de la cordillière.


Des poings sur le pare-brise, des mains sur la roche, 

Lundi matin, le temps est gris et pluvieux par intermittence. Les sacs sont quasi bouclés. 
Demain il fera meilleur.
Personne ne prend en stop apparemment pour cette route.
On a envie d'avancer. 
On s'en va. 
Y'a pas foule qui sort de la ville. Les quelques voitures qui passent ne semblent pas intéressées par notre proposition. C'est dommage, on est de bonne compagnie. 
Un peu plus d'une heure plus tard, toujours rien. Y'a deux bus qui partent ce soir. La station de bus est face à nous. Deux guichets, deux questions, deux réponses de bus complets et Julie déboule dans le terminal "on a une voiture pour Perito Moreno". La voiture c'est celle de Rubèn, Patricia et leur fils Javier, en vacances avec leur caravane, partis plus tard ce matin à cause d'une roue crevée. 
Tout sourire, ils font de la place pour nos affaires, nous proposent maté et empañadas. On discute de l'Argentine, de la France, d'eux, de notre voyage. On n'en revient pas.
Finlament la ruta 40 est goudronnée, seule une bonne centaine de kilomètres ne l'est pas. 100 bornes sur une piste caillouteuse où Rubèn et Patricia, à chaque fois que l'on croise une voiture, posent leur poing sur le pare-brise pour éviter qu'il ne se fêle à cause des possibles projections de cailloux. Avec la casa rodante à l'arrière, on avance comme des caracoles, mais on s'en fiche. On est certaines d'aller jusque Perito Moreno. Le soir arrive, on s'arrête à "Bajo Caracoles" un hameau avec une pompe à essence, des vieux bâtiments abandonnés, une école et un hôtel-resto-commerce qui propose des chambres sommaires pour 600 pesos. Bien trop cher. On ne veut pas que notre remontée nous coûte plus de 1600 pesos. On y mangera juste des milaneses (sandwichs à la viande panée avec œuf, fromage et crudité). Rubèn nous propose les sièges de la voiture pour passer la nuit et un café et thé le lendemain au réveil. 

Mardi, à nouveau en route à l'arrière de la Kangoo, direction Las Cuevas de los Manos, un site rupestre archéologique niché dans un canyon. Sur la roche poreuse, les habitants de la région ont apposé leur mains et dessiné des guanacos. Ce site est incroyable car il est dans un tel état de conservation, qu'on a l'impression que les traces ont éte laissées il y a une semaine alors qu'elles datent pour les plus anciennes de 13000 ans et de 9800 ans pour les plus récentes. Les couleurs et les contours sont intacts. 
On reprend la route direction Perito Moreno où on arrivera en milieu d'après-midi. On s'attendait à une ville plus importante. Ça ne nous donne pas du tout envie d'y rester. Notre famille porteñe nous dépose au terminal de bus. 
On obtient des infos contradictoires et incomplètes sur les bus permettant de relier Bariloche. Les prochains seront jeudi et ils sont certainement complets au départ d'El Chaltèn et je ne vois pas quelles places pourraient se libérer et qui aurait l'intention de faire escale dans cette ville de l'Argentine profonde. On récupère d'autres infos sur un bus qui va vers la côte à Comodoro Rivadavia d'où on pourrait retrouver une route plus importante pour remonter sur Bariloche en bus ou en stop. Ici aussi, le dedo n'est pas conseillé pour les mêmes raisons qu'à El Chaltèn. On le tentera quand même assez tôt et au pire on ira sur Comodoro si ça ne marche pas. 
On passe la nuit à Perito Moreno, dans l'hostel le moins pourri des deux.

Cueva de los Manos



Deux wonderwomen et Robin, 


Mercredi matin, on se poste au rond-point de sortie de la ville un peu avant 9 heures. Julie n'a même pas le temps de finir sa clope, qu'une voiture s'arrête. On avale les 130 kilomètres qui nous séparent de Rio Mayo dans un pick-up Ford à une moyenne de 160 kilomètres/heure, guère moins dans les courbes. On est donc très vite arrivées. Après on attend 30 minutes. La première voiture qui s'était arrêtée et avait continué sans nous suite à une incompréhension sur la destination nous reprend finalement après avoir fait demi-route pour récupérer des papiers en ville. Il est midi, on a fait presque 200 bornes et nos chauffeurs nous laissent à l'intersection de la grande route, eux vont vers le sud.
La chance ne pouvant s'arrêter là, un camion s'arrête 5 minutes plus tard. Les sacs posés dans l'immense remorque vide, on fait la connaisssance de Robin, un jeune chauffeur qui vient de Rio Grande et va à Puerto Montt au Chili pour charger du saumon qu'il amènera à Buenos Aires. On fera 600 kilomètres avec lui, à regarder le paysage, à se reposer sur la banquette, à boire du maté, à écouter de la musique argentine, à discuter, à changer une roue de camion à El Bolsòn, à rigoler des chicocos, à manger des milaneses dans la cabine en roulant à 50 kilomètres pour regarder les étoiles. Il nous déposera à 23 heures à Bariloche. 
Mission accomplie. 

mardi 17 mars 2015

Pourquoi c'est si beau ?

Le Fitz Roy
Voilà un mois que je suis partie, à alterner entre Argentine et Chili et ça va continuer encore un petit temps. Encore bien au sud, toujours en Patagonie, la remontée est pour le moment assez lente car il y a des tas choses à voir mais il va falloir songer à un coup de boost ... Au pire je ne verrai pas tout, une bonne excuse pour revenir. 


Quelques jours posée à El Chaltèn, petit village au pied du Fitz Roy qui accueille randonneurs et alpinistes. C'est le village le plus récent d'Argentine, construit en 1985 pour assurer de garder la frontière telle quelle avec le Chili. On peut dire que la rivalité est assez grande entre les deux pays, la délimitation des territoires et le vin sont des points de "conflit". 
Quelques superbes randos à faire avec toujours en point de vue, le Fitz Roy, que les indiens appellaient "El Chaltèn" (le volcan) car quand son pic est dans les nuages on a vraiment l'impression qu'il fume. Antoine de Saint-Exupéry a aussi droit à son pic ici.



Pour venir à El Chaltèn c'est des plaines à perte de vue, des guanacos au bord de la route, des lacs bleu turquoise, des nuages qui filent, des arcs-en-ciel.
Pour repartir d'El Chaltèn et rejoindre la région de Puerto Montt au Chili, ça pourrait être des bus, ça pourrait être une succession de bateaux à travers les fjords et les montagnes de la Carretera Austral, ce devrait être du stop sur la route 40. 

jeudi 12 mars 2015

Malheureusement il a fallu partir.

            Impressionnant, somptueux,    



Mes fesses au milieu du banc avancent de quelques millimètres à chaque bruit de craquement de glace. Mon dos et mes jambes sont prêts à se redresser et à se précipiter vers la balustrade dès que le bruit s'intensifiera. Mes yeux balayent la surface du glacier et cherchent les points de rupture possible.


14 kilomètres de long, 5 de large, entre 50 et 55 mètres de haut, le Périto Moreno est somptueux et impressionne. Il craque, se fissure et laisse glisser lentement dans une grande détonation ses pans de glace. Je pourrais rester des heures à admirer et attendre ce spectacle. Mais seuls les condors pourront continuer à survoler et planer au-dessus de cette forêt de glace. Le bus attend.

lundi 9 mars 2015

Torres del Paine

Hier soir dans mon lit, je repense à la nuit précédente passée au "campemento italiano" sur le circuit W du parc national Torres del Paine. Nuit pluvieuse et venteuse mais la tente étant bien installée, nous nous réveillerons relativement au sec. C'était la deuxième et dernière nuit d'un trek qui devait en compter quatre mais le temps très pluvieux et venteux (90 km/h) annoncé pour le jour même et les suivants nous fera rentrer plus tôt sans avoir grimpé à deux des trois points de vue exceptionnel du site. Mais heureusement l'ascension vers le glacier le premier jour de la rando s'était fait sous un beau soleil. 
Marcher avec tente (même si je ne la portais pas), matelas, réchaud et bouffe pour 5 jours c'est pas évident, le sac pèse très lourd par moment, à d'autres on l'oublie, à d'autres nos épaules ou notre dos nous rappelle qu'il est bien là. Monter la tente au sec ou sous la pluie, la démonter dans les mêmes conditions, bouffer des bolinos après avoir trouvé une place où poser son réchaud, prendre parfois une douche mi-tiède/mi-froide, se demander toute la nuit si la tente ne va pas prendre la flotte ou ne pas se décrocher sous le coup d'une rafale, remettre des couches supplémentaires dans la nuit parce qu'on a froid, se réveiller à 5 heures du mat à cause du mal de dos et ne se rendormir que par tranche de 20 minutes, c'est, paraît-il, les joies du camping. Je n'ai jamais aimé le camping et je ne pense pas changer sur ce point mais quand la vue est comme cela on fait des concessions. 


(Bon et bien il fallait bien faire la bourde à un moment, et maintenant c'est fait : j'ai supprimé les magnifiques photos ensoleillées de la forêt orangée, des icebergs bleu turquoise et du glacier au loin). 

vendredi 6 mars 2015

Pingüinos land, Punta Arenas



Je ne sais pourquoi j'ai toujours trouvé que ce nom sonnait bien. Situé de l'autre côté du détroit de Magellan, Punta Arenas n'appartient pas à la Terre de feu mais à la région Magallenas au Chili.
Comme dans les villes argentines, la ville se découpe en quadrillage et les rues tombent un peu plus lentement dans le détroit.
Maisons basses colorées faites de bois ou de tôle, par endroit les couleurs ont parfois un peu passé à cause du vent et du sel marin. Les rues assez larges avec trottoirs en herbe, les pickup d'autrefois ou de maintenant donnent un petit air américain qui contraste avec les bâtiments néo-coloniaux d'inspiration européenne de la "plaza des Armas".
Le tour de la ville est vite fait. Quelques musées retraçant la découverte de la Patagonie, la colonisation et les peuples primitifs. Mais l'attraction ici c'est les pingouins, les rois que nous aurions pu voir gratuitement il y a deux jours et ceux de Magellan, plus petits qui résident sur de l'île Magdalena dans le détroit.







Petits mais nombreux, très très nombreux en cohabitation avec des gaviotas et des cormorans. Ils sont blancs et noirs et sont très habitués aux hordes de touristes qui débarquent par ferry une fois par jour. Ils sont à portée de mains, tous plus mignons les uns que les autres, prennent la pose, creusent leur trou, se déplument, se papouillent, vont piquer un tête, dodelinent de la tête, secouent les fesses, crient, se prennent en photo, se mettent dans leur trou, marchent, courent, tombent, se relèvent.

Ils doivent faire 50 cm de haut, pile-poil la hauteur de mon sac à dos.

jeudi 5 mars 2015

Como se dice " galérer" en espagnol ?


Ushuaïa c'est bien mais c'est très compliqué de partir. Bien que touristique, la ville est assez mal organisée pour accueillir les touristes, j'entends pour les hébergements et les transports pour quitter la ville. Pour les excursions, ils savent faire. 
L'idée était de gagner le Chili par un autre chemin que celui de l'aller, par la ville de Porvenir afin de prendre le ferry et d'arriver directement à Punta Arenas. Sauf que y'a aucun bus qui va à Porvenir. Y'a bien la solution du bateau depuis Puerto Williams jusque Punta Arenas mais faut compter 200 dollars. Donc exit. 
D'où l'idée du stop, il parait que ça marche bien en Argentine. Mais au Chili ? 
Postés sur le port avec nos sac à dos, on se fait prendre assez rapidement pour nous déposer à l'entrée de la ville. Déposés, on remonte peu de temps après dans un 4x4 berline d'un retraité partant à la pêche à Tolhuin. Il nous dépose à Tolhuin et on attend un peu avant de remonter dans une chevrolet conduite par un jeune argentin réalisateur de court-métrage accompagnée de sa mère (ou de sa copine si les argentins succombent aussi à l'effet cougar). Ils nous laissent à Rio Grande après 100 kilomètres de route effectuées au bon son des tubes américains des années 90. Peu de temps après, un père amenant sa fille voir les pingouins nous prend. Et lui il est encore plus adorable que les autres car il nous dépose au final à la frontière argentine quelques 50 kilomètres plus loin. On a mis du temps à accepter, on était un peu gênés car notre dépôt à la frontière retardera la rencontre de sa fille avec les pinguouins. Mais au final on aura bien fait d'accepter sa proposition. 
Après ce fut nettement moins facile. Une bonne heure pour trouver deux véhicules pour traverser les 12 kilomètres de no man's land dont une voiture de deux femmes chiliennes dont on découvre plus tard dans la voiture qu'elles vont à Porvenir mais comme on ne leur a pas dit au départ qu'on souhaitait y aller mais juste rejoindre la frontière chilienne et que accessoirement ce sont deux connes, elles ne nous reprendrons pas du côté chilien. 
Donc, on reprend notre stop en vain et on décide de passer la nuit dans l'hôtel de la frontière chilienne où "el jefe" en plus d'être assez désagréable pratique le taux de change que bon lui semble. Mais en fait j'étais assez contente de passer la nuit dans cet endroit perdu au milieu de nulle part.


Le lendemain, on reprend le stop direction Porvenir. On marche sac sur le dos pour se placer un peu plus haut sur la route à une intersection. On attend un peu, un peu beaucoup, beaucoup et puis on est pris par deux types qui travaillent dans une estancia. On fait 40 bornes avec eux et ils nous proposent de nous déposer 30 bornes plus loin mais pas sur notre itinéraire pour aller voir les "pinguinos Rey" qu'on ne peut voir qu'à trois endroits : là, en Antarctique et aux îles Fauckland. Bien tentés, on décline l'offre car cela semble trop compliqué pour revenir. Donc on se poste à nouveau sur le bord de la route et on attend dans les rafales de vent et le grain par intermittence pendant de très longues minutes qui lentement se cumulent en heures. On a rien à manger, seuls quelques gâteaux, et on entrevoit le fait que nous serons peut-être obligés de passer la nuit dans la cabane qui nous fait face et de prendre un bus qui passera le lendemain matin à cette intersection pour Porvenir. 
Les quelques voitures qui passent vont soit voir les pingouins soit remontent vers le nord mais aucune ne prend la route au bord de laquelle nous attendons. Ah si un camion transportant des moutons que nous ratons. 


On se dit qu'on va changer nos plans et qu'on montera dans la première voiture qui passera soit pour Porvenir soit pour le Nord. Ce sera pour le Nord dans un pick-up rouge acheté par deux jeunes américains de Boston à l'occasion de leur road-trip. Leur destination initiale était Puerto Natales, une ville plus au nord que Punta Arenas mais finalement ils s'arrêteront comme nous à Punta Arenas après 6 heures de route, un bruit d'enfer dans cette caisse, une traversée du Détroit de Magellan, des vieux bateaux échoués rouillés et grignotés par le sel. 

mercredi 4 mars 2015

Ushuaïa

Phare des eclaireurs
Tout d'abord, un petit rectificatif. Ushuaïa est la ville argentine la plus australe. Mais c'est sa voisine chilienne Puerto Williams qui gagne le palmarès mondial.
Le canal de Beagle devant et les montagnes derrière, ou l'inverse c'est selon, Ushuaïa a des airs de San Francisco avec ses rues plongeant dans l'eau. Elle ressemble aussi à nos stations de ski avec ses boutiques d'articles de sport dans des maisons en bois placées sur l'avenue principale de la ville que sillonnent les touristes et les habitants depuis la fin d'après-midi jusqu'au début de soirée. "Pinguinos" et "Fin del mundo" inondent les vitrines et on cède à se faire marquer son passeport d'un tampon "fin du monde".




Côté nature, le temps est ici forcément très changeant, le vent peut souffler très fort ou être quasiment absent. Je n'ose pas imaginer ce qu'il en est au Cap Horn plus bas avec ses 15 mètres de vagues constantes. Les ciels sont superbes. On peut, entre autre, soit profiter de la navigation sur le canal Beagle soit randonner dans le parc "Tierra del fuego".
Colonie de Cormorans sur l'ile H
Depuis l’île H sur le canal Beagle
Lions de mer dans le canal Beagle
Parc Tierra del Fuego
Parc Tierra del Fuego

dimanche 1 mars 2015

Ushuaïa express ou presque

Décidément toutes mes arrivées dans les villes argentines se font sous la pluie. 
22h30, 3094 kilomètres plus loin et 51 heures plus tard, me voici à Ushuaïa.
Les quelques 35 premières heures se sont passées en cama, c'est-à-dire en bus super confort avec service à bord. La pampa argentine, c'est toujours le même paysage sur des centaines et des milliers de kilomètres sans lassitude. C'est la traversée de quelques villes qu'on comptera sur les doigts d'une main. C'est des frayeurs de louper le bus quand il nous a déchargé à une gare routière pour aller faire le plein. C'est des étoiles qu'on a jamais vues. C'est des rencontres avec des argentins.
Les 12 heures suivantes se passent dans un bus nettement moins confort, une place près des toilettes et un petit délai de 2 heures au départ. La Tierra del Fuego, c'est des paysages un peu moins plats, des gamins qui te demandent "como te chamas?" et qui ne comprennent pas pourquoi tu ne parles pas (bien) espagnol, des animaux plus nombreux, le détroit de Magellan, des tampons chiliens et argentins sur le passeport, une piste poussiéreuse, un bus en fin de course qui fonce pour rattraper son délai, des arbres par ci par là, des gâteaux au dulce de leche.

Ushuaïa c'est le début du monde et c'est superbe. 
Paysage unique sur quelques milliers de kilometres
Traversée du détroit de Magellan
Mini arc-en-ciel à Ushuaïa