Jour 5 - Thanks for the blanket,
Progressivement, nous commençons à remonter vers le nord. Mais le nord est encore loin de nous donc beaucoup de temps sur la route en perspective, en moyenne plus de 6 heures par jour je pense, davantage aujourd'hui. Voilà la contrepartie d'un voyage au milieu d'une nature sauvage et préservée des énormes infrastructures, le temps de route. Très très peu de routes goudronnées et depuis que nous avons passés la dernière grosse ville, Dalandzadgad, il y a 3 jours nous n'avons roulé que sur de la piste, piste parfois répertoriée en tant que route nationale ! On croise tout de même une route goudronnée mais croiser seulement.
Halte religieuse et historique aux ruines du monastère bouddhique de Ongiin Khiid. Ce vaste monastère, autrefois l'un des plus grands de Mongolie, fut détruit en 1937 lors des purges communistes. Il n'en reste vraiment plus grand chose. Pendant la période communiste de la Mongolie, quasiment la totalité des 700 monastères bouddhiques furent détruits à la demande de Staline. Les moines étaient exécutés ou déportés dans les camps de Sibérie. Depuis 2004, on trouve parmi les ruines un petit temple, photo du Dalaï-Lama en bonne place (ce qui n'est pas le cas au Temple des Lamas de Pékin). Le chamanisme et le bouddhisme constituent les deux principales croyances pour les mongols.
La plupart des groupes de touristes dorment le long de la rivière en contrebas des ruines, nous poursuivrons la route afin de s'avancer pour le lendemain.
Plantage de la tente au milieu de la steppe où nous recevrons la visite des mongols installés sur le trottoir d'en face. En Mongolie, on peut installer sa tente ou sa yourte où l'on veut et rester autant de temps que l'on veut. Cette fois, j'ai une couverture de plus pour me parer contre la nuit pluvieuse et plus fraiche. Yeah !!! C'est que je vais commencer à apprécier de dormir sous la tente !
Jour 6 - Là où on va, on n'a pas besoin de route,
On a beau s'être avancés la veille, il reste encore des heures de route avant d'atteindre les chutes de Orkhon Khürkhree.
Cette fois, le désert et la région de Gobi sont définitivement derrière nous. Nous traversons ce qui s'apparente à des alpages, c'est large. c'est vert, c'est montagneux sur les bords et c'est rempli de chevaux et de chèvres. Je ne sais combien d'animaux peuvent peupler la Mongolie (des millions ? Des milliers de millions ?) mais chaque troupeau de chèvres que nous croisons semble contenir pas moins de 300 ou 400 têtes. Et nous allons en croiser beaucoup aujourd'hui ! On passera même aujourd'hui par deux villes, nous nous arrêterons dans la première.
Les 50 derniers kilomètres sont parcourus en 2 heures, la route est particulièrement chaotique et d'ailleurs il n'est pas rare qu'il n'y ait pas de route.
Nous arrivons au camp de yourte en toute fin d'après-midi et filons voir la cascade : une rivière que l'on peut traverser continuant en une chute d'eau de 20 mètres. Tout autour des montagnes vertes plus ou moins rocailleuses, plus ou moins arborées. Tout cela a un petit goût alpin, yacks mis à part.
D'ailleurs sur le retour afin d'achever la journée, un jeune taureau s'entend se mesurer au yack le plus gros du troupeau. Très impressionnant combat de mâles où les têtes s'entrechoquent et la respiration s'amplifie. L'un et l'autre reculant ou avançant sous le poids et la force de l'adversaire. 15 à 20 minutes plus tard, la messe est dite, le yack abandonne. Beau spectacle !!!
Ce soir encore, le ciel est chargé de nuages. Pas de coucher de soleil et pas d'étoiles non plus. J'espère que les nuits vont se dégager car j'ai vraiment envie de voir à quoi ressemble une nuit entièrement étoilée, voie lactée nettement visible en prime.
Jour 7 - La malédiction des deux nuits,
Nous devons passer deux nuits près de la cascade, dans une yourte. Au final, ces dernières ne s'avèrent pas plus confortables que la tente en terme de literie. La yourte est pourvue de lit dont le matelas est une planche de bois surhaussée d'un fin matelas. En revanche, elle a l'avantage de posséder un poêle à l'intérieur, ce qui sera bien appréciable. Une yourte de 5 dorénavant puisque le groupe s'aggrandit avec l'arrivée dans la nuit de Paulein, une hollandaise voyageuse depuis 19 mois que Odna et Baïda, notre très sympa et souriant chauffeur, vont chercher dans la petite ville qui se situe sur le même plateau que nous un peu plus bas.
La journée précédente s'est terminée avec la déception de ne pouvoir assister au coucher de soleil mais avec l'intention de prendre le petit déjeuner face à la cascade. Il a plu au cours de la nuit et le matin n'est pas plus sec. A croire que les endroits où nous devons passer deux nuits sont maudits : soit trop chaud, soit trop humide. Du coup, grasse mat' !!! Le soleil fait son apparition en fin de matinée. Pas de voiture aujourd'hui, profitons-en pour faire fonctionner nos muscles, au programme marche dans les environs. Une partie de la journée vers la cascade et la rivière encaissée, l'autre vers les montagnes. Les sommets sont assez vite atteints et offrent un très beau panorama sur la plaine. Descente sous quelques gouttes de pluie, repas du soir à 17h30, un peu tôt à mon goût.
Fin de journée entre soleil et pluie, grrrr, pas de sunset non plus pour ce soir. Mais quand ??? Juste un !!! S'il vous plait, juste un !!!
La pluie de la soirée permet de mettre à l'épreuve le poêle qui chauffe et réchauffe, le crépitement du bois et les gouttes d'eau sur la yourte nous emplissent les oreilles.
Jour 8 - Le petit van dans la prairie,
Nous sommes maintenant 5 dans le van, les affaires qui dans le coffre occupaient jour après jour un peu moins de place viennent d'augmenter un peu leur volume. L'organisation à l'intérieur se modifie quelque peu, nos appareils photos respectifs occupant la sixième place.
Dans la nuit, je me suis relevée pour faire quelques photos, le ciel était dégagé et c'était la pleine lune. Il va falloir attendre qu'elle redescende pour avoir nuit noire et espérer voir des milliards d'étoiles. Il me semble avoir aperçu deux étoiles filantes mais je n'en suis pas certaine.
9h, nous sommes sur la route, des petites frayeurs pour passer les rivières mais nous arrivons à notre objectif en milieu d'après-midi : les sources chaudes de Tsenkher. Plus les jours passent, plus je trouve ce pays incroyable. Une immensité qui me semble exceptionnelle. Tant de kilomètres traversés, tant de kilomètres à l'horizon sans aucune construction, sans village, sans véhicules, quelques yourtes, des troupeaux à n'en plus finir. Le rien fait le tout. Ce serait presque l'infini ici.
Et là c'est le choc, nous arrivons dans un camp de 30 yourtes bien organisées, le long de trois chemins. Grandes douches, vraies toilettes. Par là j'entends toilettes à l'occidentale et non pas un trou dans une cabane sans porte à 200 mètres du camp, ça je ne vais m'en plaindre. Il y a même un restaurant qui vend chocolats, cacahuètes et bières. Nous sommes ici pour la source d'eau chaude. Chaque camp a ses propres bassins alimentés par des canaux venant de la source plus haut. Les sources n'ont rien d'exceptionnel, l'eau n'est pas très propre mais si tout le monde fait comme certains en rentrant dans l'eau avec ses chaussures terreuses, difficile qu'il en soit autrement !!! Personnellement, je ne ferai pas un détour pour venir ici mais c'est sur le trajet de la remontée alors cela constitue une halte tout de même bien agréable. L'infrastructure est à mille lieux de ce que nous avons eu et vu pour le moment. C'est un peu comme nous sortir de notre cocon de nature sans nous avoir prévenus.
Jour 9 - Cette fois, c'est pas pour rire,
[Savez-vous pourquoi les combinaisons des lutteurs sont ouvertes ? Je vous laisse le temps de la lecture pour trouver, sinon réponse en bas de page]
Cette fois ce n'est pas une fausse joie, nous pourrions avoir accès à internet dans la matinée à Tsetserleg, une capitale de province. Aux premiers abords, la ville ressemble davantage à une ville fantôme qu'à une cité accueillant 16000 personnes, des anciens bâtiments industriels en ruines se succédent. Puis viennent des habitations, des maisons très colorées, avec façades et toits en tôle dépareillés. Cela a un peu air de Punta Arenas ou de Ushuaïa. Les habitations, maison juxtant une yourte, sont entourés de palissades en bois, les unes alignées à côté des autres formant des rues droites et perpendiculaires. Dimanche jour de marché, le parking devant les supermarchés est bien rempli. Les motos-taxis avec chauffeurs casqués attendent les clients et la viande se vend à même la camionnette.
Pas de wifi mais un cyber-café, connexion un peu lente mais qui nous satisfait. C'est pas qu'on soit accros, on parvient à se passer d'internet mais si on peut l'avoir, on ne va pas dire non. Une heure pour 750 Tugrik soit 30 centimes, prix imbattable. On ressort sourire aux lèvres.
En arrivant dans la ville, Paul a repéré le stade d'où s'élèvent de la musique et des paroles. La Mongolie c'est le pays de la lutte, une médaille de bronze pour les femme et le titre olympique chez les hommes aux jeux de Rio se déroulant en même temps que mon voyage. Et beaucoup de champions proviennent de la province (aïmag en mongol) où nous sommes. Direction le stade où a lieu aujourd'hui une grande journée au cours de laquelle vont s'affronter les meilleurs lutteurs de l'aïmag. Rassemblement de mongols habillés pour l'occasion, speaker, cavaliers vêtus traditonniellement, officiels dans la tribune, musiciens et chef d'orchestre, policiers, ... Tout est très bien organisé sur l'herbe de stade : lever du drapeau par les lutteurs en tenue traditionnelle mongole, les groupes de danseurs/danseuses et les chanteurs/chanteuses se succèdent. Les danses semblent reprendre les mouvements des chevaux, un peu comme les danses irlandaises mais en beaucoup moins rapide et avec davantage de mouvements de tête, de bras et de buste. Les costumes sont superbes. C'est très beau et très émouvant de voir ces gens venant de la ville ou de certainement de yourtes bien plus lontaines pour se retrouver tous ensemble autour de leur patrimoine culturel. Cela durera toute la journée, nous ne resterons que 40 minutes. Mais c'était tellement imprévu que nous savourons davantage. Nous sommes chanceux et heureux. Assister à un Naadam doit être impressionnant.
Reprise de la route et aujourd'hui une grande partie du trajet se fera sur une route goudronnée. Yeah !!! En toute fin d'après-midi, nous atteignons le lac volcanique de Terkhiin Tsagaan Nuur (Grand Lac Blanc) long de 16 kilomètres et large de 4 à 6 qui se déploye derrière la dernière montée de la journée. Ouah !!! Notre yourte est située sur la rive Nord, nous sommes vraiment bien situés, comme tous les soirs d'ailleurs. Une petite colline à grimper en 5 minutes et nous avons tout le lac à nos pieds et sous nos yeux et le plaisir d'admirer - enfin - un beau coucher de soleil. Nous aurons le temps de découvrir le lac davantage demain.
Journée bien remplie bien que beaucoup de route, au repas, on a eu droit à un barbecue mongol, cuisson de la viande de boeuf aux pierres chaudes. Préalablement chauffées dans le poêle, les pierres sont rajoutées à la viande pour continuer la cuisson. Mode de cuisson ancestral qui permettait d'économiser le feu et de ne pas se faire repérer les habitations des animaux ou d'autres personnes.
Aucun nuage ce soir, ce qui permet de contempler les étoiles. Pour les photos, ce sera plus tard, croisons les doigts car ce soir, je ne fais pas chambre commune avec la batterie de mon appareil photo, elle est partie se recharger dans une autre yourte.
Réponses : 1) Une légende mongole raconte qu'une amazone participa un jour à un concours de lutte et qu'elle gagna largement sur tous ses adversaires masculins. Afin d'éviter que cet épisode gênant ne vienne à se reproduire, la combinaison fut redesignée avec une ouverture sur la poitrine afin de s'assurer de la non-féminité des participants.
2) Marco Polo rapporte que Khutlun, la soeur du cousin de Koubilai Khan (petit-fils de Gengis Khan et grand homme de l'histoire mongole) l'emporta à la lutte sur tant d'hommes que dès lors, les lutteurs mongols décidèrent de revêtir une combinaison ouverte afin d'éviter l'ambiguïté quant à leur genre.
Jour 10 - Sublime,
Bien au chaud dans la yourte, le soleil s'est levé avant nous. Je crois qu'on avait oublié de mettre le réveil ... Mais la journée s'annonce ensoleillée et nous pouvons en profiter. Arrêt à deux grottes "la grotte du chien" et "la grotte pour une personne" puis le van nous dépose au pied du volcan Khorgo Uul, l'ascension se fait par un chemin entre les éboulis de lave puis par des marches.
A une altitude de 2249 mètres, nous dominons les environs. Les quelques touristes ne bougent pas de leur point d'arrivée pendant que nous faisons le tour du cratère offrant des tas de vues différentes sur l'intérieur du volcan et l'intérieur du Parc national de Khorgo-Terkhiin Tsagaan Nuur dans lequel nous sommes. Superbe comme depuis le début.
Une rasade de vodka et un poisson frit en provenance directe du lac mangé avec les doigts dans les stands à côté du parking et nous poursuivons notre chemin qui nous ramènera au camp juste avant la pluie.
Après la pluie, vient le temps des plus beaux rayons de soleil de la journée. Un petit tour vers le lac et sa péninsule de sable. Juste sublime. Les montagnes et les yourtes se réflètent dans l'eau, un vrai miroir. C'est grandiosement sublime !! De plus, quasiment personne. Le rêve. Je pensais m'aventurer dans une autre partie du lac mais c'est tellement beau que je passerai plus de deux heures sur ce petit bout de terre. Le ciel est dégagé, cela promet de belles étoiles plus tard.
Que de beauté !!! Quelle journée,
Et la journée se poursuit avec la nuit et ses trilliards d'étoiles. Impossible de les voire toutes en même en temps à l'oeil nu, elles apparaissent au fur et à mesure. Peu de mots pour décrire un tel spectacle.



































































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