dimanche 3 mai 2015

Titi Khar'ka

Et on continue avec les bus de nuit, cette fois ce sera pour La Paz. Les recommandations des guides touristiques et des autres voyageurs est d'éviter de rouler de nuit en Bolivie car les routes, les chauffeurs et peut-être bien les véhicules ne sont pas toujours au maximum de la sécurité. Se met-on à l'abri en choisissant une compagnie plus chère ? Puisque vous avez lu ces premières lignes, vous avez la réponse. En tout cas pour ce trajet-là, ça a fonctionné.


La Paz, plus haute capitale au monde avec ses 3600 mètres d'altitude. Ça grouille de partout, ça klaxonne tout le temps. La circulation y est infernale et les piétons sont très très peu appréciés, même les argentins sont plus sympas. La grande majorité de la circulation est assurée par les taxis (officiels ou non), les micros Dodge et les estafettes Nissan ou Toyota qui permettent de joindre différents lieux de la ville, très peu de voitures de particuliers.

Mis à part, sa position géographique, je ne trouve pas grand intérêt à la ville qui s'étend sur des collines laissant apparaître à quelques endroits des sommets enneigés. Qui a eu l'idée d'établir cette ville dans cette gorge encaissée ? Les espagnols et la quête de l'or. Une fois les mines épuisées, la ville était suffisamment établie sur la route Lima-Potosi et privilégiée par son climat en dehors de l'altiplano pour conserver sa prééminence. Ville-entonnoir où l'on peut bien sûr voir des femmes boliviennes habillées traditionnellement portant dans un sac coloré des kilos de nourriture ou leur enfant, des cireurs de chaussures au visage masqué, où l'on peut faire l'ascension de la ville grâce au tout jeune téléphérique de la ville, se balader dans les très nombreux marchés de la ville. En fin de journée, la ville s'anime différemment avec différents artistes de rues ou groupes de femmes boliviennes chantant et dansant à la gloire de Jésus sur une estrade. La nuit tombe, il faut regagner l'hôtel, déambuler de nuit dans les rues de La Paz est très vivement déconseillé. 

          Une des rues marchandes de La Paz. Au marché touristique, pull en laine d'alpaca et divers textiles. Au marché des sorcières, foetus de lama, poudres diverses et figurines de Pachamama. Au marché alimentaire, des couleurs et des odeurs à profusion. 

Un des nombreux petits commerces d'alimentation rapide de rue, toujours tenus par les femmes. 
Un jour et demi passé à La Paz et un taxi m'amène à l'un des trois terminaux de bus de la ville afin de rejoindre Copacabana, sa plage et sa fête. Mais avant tout cela, il faut bien une heure pour sortir de la ville, le temps de voir les différents quartiers, tous plus pauvres les uns que les autres. Ici, pas d'âge pour travailler et vendre quelques fruits, pain ou boisson dans un sachet en plastique. Certains enfants en guenilles jouent dans la rue. Le long de la route qui mène à Copacabana, dans une vaste plaine aux collines vertes, les habitations en brique de terre sèche ou en brique rouge se suivent entrecoupées par des champs de fève, de quinoa ou d'autres céréales, le tout sur fond de cordillère enneigée.

Trois heures et demi plus tard, nous arrivons à Copacabana, sur le lac Titicaca. Les chauffeurs boliviens sont rapides mais tout de même, il leur faudrait un peu plus de temps pour rallier le Brésil. 

Le lac Titicaca est, outre le plus haut lac navigable au monde (3800 mètres) le seul endroit où les Boliviens ont une plage. Différents conflits avec les pays frontaliers ont réduit le territoire et en ont fait un pays enclavé : lors de la guerre du Pacifique (1879-1884) qui l'opposa au Chili, la Bolivie perdit ses 850 kilomètres de côte maritime qui s'étendaient d'Antofagasta à la frontière péruvienne ainsi que le désert d'Atacama riche en cuivre et en nitrates ; le Brésil annexa la région de l'Acre riche en hévéas (1903) ; une grande partie du Chaco (1862) et Puna d'Atacama (1883) furent pris par l'Argentine. Plus tard, la Bolivie entama une guerre contre le Paraguay (1932-1935) afin d'acquérir la région de Chaco, inhospitalière mais apparemment riche en ressources pétrolières et qui lui permettrait un accès à l'Atlantique via le río Paraguay mais les négociations de paix ne furent pas à son avantage. 

A cheval entre la Bolivie et le Pérou, le lac Titicaca est aussi le lieu de vestiges de la civilisation inca et tient une place prépondérante dans les croyances incas. 

      

Vues de Copacabana
Eglise blanche de Copacabana où se dressent, devant, des étals de fleurs, des effigies de saints, ... utilisés pour la bénédiction des véhicules

Copacabana est une ville posée entre deux collines verdoyantes. De loin, elle me fait l'effet du Machu Pichu que je ne verrai pas, du moins pas cette fois. Depuis Copacabana, on peut se promener par la route - à pied, en vélo ou en scooter, que je ne suis jamais parvenu à trouver - soit vers le nord soit vers le sud. On peut aussi passer au Pérou, Kasani, la dernière ville bolivienne avant la frontière, étant à 8 kilomètres. Et on peut bien évidemment naviguer sur les eaux claires du lac à destination de l'une de ses îles flottantes ou non. La plus grande est l'isla del sol, 10 kilomètres de long pour 5 de large. La partie sud est à 1 heure 30 de bateau à moteur, le nord à 2. Il y a aussi la plus petite île "isla de la luna" non loin ainsi que d'autres îles encore plus petites et les îles flottantes construites en roseau qui n'ont gardé leur caractère authentique que du côté péruvien du lac. 

Copacabana, ses alentours et l'isla del sol m'occuperont tranquillement 4 jours. 




Ruines Incas au nord de l'île


Sortie scolaire de Cha'llapampa (village du nord)
Préférence pour Le nord de l'île est plus sauvage et moins touristique. De là, on peut rejoindre le sud en suivant le chemin des crêtes qui montre la Bolivie d'un côté et le Pérou de l'autre. J'avoue avoir un peu de mal à me croire sur un lac, les terres sont assez éloignées et pas toujours nettement visibles malgré le beau temps dégagé. 



Le terrain étant très pentu, les cultures se font en étages
Escalera del Inca, voie d'accès au village de Yumani quand on accoste au sud de l'île, une sacrée bonne montée de 200 mètres de dénivelé sur près d'un kilomètre
La lune vue du nord
La lune vue du sud
De retour à Copacabana, c'est la fête de Santa Cruz qui a lieu le premier weekend de mai. La ville est un grand rassemblement de couleurs, de danseurs et de danseuses en tenue longue ou courte - j'en suis assez étonnée - de musiciens. Les groupes défilent les uns après les autres dans une très longue  parade. J'aurai sû cela, je serai rentrée la veille de l'isla del sol mais j'aurai eu du mal à me trouver un lit. 






Juste le temps de récupérer mon gros sac à l'hostel et je retourne à l'agence avant de rejoindre le bus stationné en sortie de ville, une petite marche gros sac sur le dos - je commence un peu à en avoir marre de celui-là - et quelques photos plus tard, chemin inverse vers La Paz. 

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