jeudi 7 mai 2015

Blanc et doux comme Sucre

A une nuit de bus de La Paz vers le sud-est du pays, se trouve Sucre tenant son nom du général Sucre qui a largement contribué à l'indépendance del "Alto Peru" devenant la Bolivie en 1825.


La Bolivie, quant à elle, doit son nom au Général Bolivar, né à Caracas de parents d'origine basque, qui a guerroyé pour l'indépendance de nombreux pays d'Amérique du Sud. A son tableau de chasse : Vénézuela, Colombie, Equateur et Pérou. 
[Cet article ne va pas être aisé à écrire ... Soubresauts du bus ... Je suis aussi assise à côté d'un bébé qui s'amuse à retirer ma main gauche de ma tablette à chaque fois qu'elle s'y approche. Sa mère vient de le décrocher de son dos, j'ai bien cru que dans la manipulation il allait finir sur le sol du bus. Mais non, il tête maintenant]

Marché de Tarabuco
Vendeur de coca et de cigarettes sur le marché
J'aime beaucoup la Bolivie.
La pauvreté - et même misère - est grande, tout n'est pas toujours facile à voir. Les boliviens ne sont pas des plus souriants, de contact un peu fermé, quasiment impossible à photographier mais malgré tout je leur trouve quelque chose d'attachant et de touchant. Ici tout se passe dans la rue, un costard-cravate venant acheter une salteña à une vendeuse de rue. 
[Le bus poussif quitte Sucre, le bébé tête toujours, je crois bien qu'il s'est endormi]

Vue depuis le toit de l'équivalent de la Préfecture de Sucre
Sucre c'est l'opposé de La Paz. C'est plus beau, ce qui n'est pas difficile. Demeurée ville constitutionnelle de la Bolivie, architecture coloniale, bâtiments blancs, patios, rues montantes, clochers, soleil, ciel bleu, température agréable, montagnes environnantes ; Sucre est inscrite au patrimoine mondiale de l'Unesco depuis 1991.

Milaneses sur le marché de Sucre
J'y prends le temps : errance dans le marché, déambulation dans les rues blanches, dilapidation des bolivianos au marché pas si touristique qu'on le dit de Tarabuco, observation de la technique ancestrale et de la beauté de l'art du tissage bolivien au musée du textile avec en prime quelques centaines de bolivianos en moins, décryptage des masques populaires au musée etnographique, part de gâteau à "La Pâtisserie" diplôme français encadré au mur, séance de cinéma, journée dans la Cordillera de los Frailes, meilleur café depuis 3 mois. 

      
Balade tranquille dans la Cordillera de los Frailes à 3700 mètres d'altitude. On emprunte le chemin des incas pour rejoindre plus tard le village de Maragua implanté dans une formation rocheuse et minérale particulière (fer, cuivre et magnésium qui donne de très jolis dégradés de couleurs). 

Le chemin se fait sur celui des incas
[On vient de s'arrêter à un poste de police afin de payer le droit de passage. L'occasion pour les femmes tenant les petites échoppes commerciales au bord de la route de venir proposer aux fenêtres boisson en sachet, humitas, fruits, ... ].

Travail de nombreuses femmes boliviennes : le tissage et la vente des récoltes
La femme et son bébé vident le siège à côté de moi. Il se remplit très vite de la compagnie de Teodoro, un bolivien de 40 ans, père de deux garçons, Marco 18 ans et Axel 15 ans qui étudient à Oruro la construction. Mineur à Tupiza, une de mes toutes prochaines étapes, il parle le castillano, le quechua et apparemment également le aymara. Ce sont deux langues régionales de la Bolivie, le quechua, parlé du temps des incas, étant quasiment une langue officielle dans la région de Sucre et de Potosi. Sa maîtrise au même niveau que le castillano est nécessaire dans les institutions politiques et administratives, les villages aux alentours des villes comportant bon nombre de personnes ne parlant que très peu l'espagnol. Teodoro est plein de questions sur la France, sa sociéte, ses paysages, sa population, les langues parlées, mes hypothétiques enfant et époux, le travail, le coût de la vie. Il me permet de repratiquer mon espagnol, un peu en berne ses temps derniers et de modifier ma vision des boliviens. Il repart à son siège d'origine. La route continue à monter vers les 4000 mètres d'altitude de Potosi, avant-dernière destination bolivienne. 

Faute de moyens, on a des astuces !  

1 commentaire:

  1. Que de beauté... Que de couleurs!!!
    Et dis c'est quoi un humitas?!
    Trop fort le minibus charrette avion!
    Profite à fond des derniers moments de ce fantastique voyage...
    Bises.
    J.

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