Le rendez-vous est fixé devant l'agence, un mini-bus nous récupère et nous fait passer les frontières. D'abord le poste de la douane chilienne à San Pedro d'Atacama et puis quelques bonnes dizaines de kilomètres plus tard la douane bolivienne, sobre bicoque perdue en pleine plaine montagneuse. Les mini-bus laissent place à de nombreuses jeeps. Ceux qui reviennent du Salar nous laissent leur place dans les 4x4 et nous leur laissons les nôtres dans les mini-bus. Il doit y avoir entre 15 et 20 véhicules. C'est la basse-saison ! Quand les européens prennent leurs vacances estivales, on compte une bonne centaine de voitures sur les pistes. De plus, à cette même période, correspondant à l'hiver en Bolivie, les températures sont glaciales. Il est apparemment fréquent d'atteindre des -25°C.
Les sacs à dos et les bidons d'eau de 6 litres sont chargés sur le toit de la voiture et protégés du sable, du vent et de la pluie par une bâche. Chaque voiture contient au maximum 7 personnes, 6 passagers et un guide. Le nôtre s'appelle Andres, est bolivien, habite à Uyuni et a 4 enfants. Cela fait 9 années qu'il fait les tours dans le Salar à raison de 2 tours par semaine. Le tour depuis San Pedro avec retour à San Pedro fait à peu prés 1000 kilomètres. Nous en ferons un peu moins, on va dire les trois quarts. Nous ? Trois français, une brésilienne et deux écossais.
C'est parti pour 3 jours sur les pistes de l'altiplano bolivien entre lagunes, montagnes, volcans, déserts, rochers, geysers et flamants roses.
C'est tout simplement sublime, extraordinaire. Les paysages se succèdent les uns après les autres. On pense toujours qu'on ne verra pas plus magnifique mais on est contredit. Mierda, que bonito comme ils disent !!!
Jour 1,
C'est celui des lagunes. Il y en aura trois : blanca, verde et colorada. Il y aura aussi le désert de Dali, des eaux thermales et des geysers. Un sacré beau petit programme pour cette première journée en Bolivie.
Laguna blanca. La première. C'est époustouflant. Forcément, tout le monde a vu des photos des lacs d'altitude entourés de monts enneigés se reflétant dans l'eau claire tout juste perturbée par la marche des flamants roses. La perfection.
Laguna verde. La deuxième. Un peu moins grandiose, le soleil ne donne pas dessus et je n'arrive pas à bien la prendre de photo ! Remplies de minéraux, les eaux de ce lac sont toxiques. Il n'y a pas de flamants roses car les pauvres n'y survivraient pas.
Desierto de Dalì. Du sable et des rochers. Ce nom lui a été donné car les déserts peints par Salvador Dalí lui ressemblent fortement.
Les eaux thermales Polques. Cette fois, contrairement au Tatio la veille, je ne dis pas non. L'eau est à 35°C, la vue sublime, on y resterait bien mais notre corps ne dit pas la même chose. À 4200 mètres, il est déconseillé de rester plus de 20 minutes dans l'eau.
Les geysers sol de la mañana. Rien à voir avec ceux vus du côté de San Pedro d'Atacama. Ils sont beaucoup plus sauvages, violents, boueux, grandioses, rapprochés les uns des autres dans des petits vallons de roches. On ne peut pas y rester très longtemps. Non seulement parce qu'il s'en dégage une odeur d’œuf pourri, la faute au souffre mais surtout parce que nous sommes à 5000 mètres et qu'à cette altitude-là on commence à sentir sa tête tourner. C'est la première fois que je monte si haut. Plus tard dans la journée, j'en sentirai un peu les effets. Mais déjà, le souffle est plus court et accélérer le pas ou courir légèrement se fait ressentir immédiatement.
Laguna colorada. Dernière étape de la journée. Les eaux de cette lagune sont rouges ou bleues, les herbes sont jaunes ou vertes, les montagnes et la terre sont marrons, la neige et le borax sont blancs, les flamants sont roses ou gris. Que cet endroit porte bien son nom !
Voilà pour ce premier jour ... Extraordinaire !!! De plus nous avons la chance de passer la nuit en face de la laguna colorada, ce qui nous permet d'y aller librement sans dépendre de la jeep.
On a posé nos sacs à 4200 mètres dans un refuge sans douche. Dès que le soleil est couché, le froid nous envahit, fatigue aidant. A tour de rôle, on va mettre bonnet, gant, veste, grosses chaussettes. On attend qu'une seule chose, manger pour pouvoir se mettre au lit sous plusieurs couvertures et sac de couchage. 21 heures, au lit.
Jour 2,
Sur le programme, il est indiqué que le petit déj devrait être prêt à 7h30. À 7h30, on est prêts pour le petit déj'. Mais lui, il ne l'est pas encore. On attend patiemment toujours munis de nos vestes, gants et bonnets. Le guide de l'autre groupe (avec qui on partage le refuge) nous dit que c'est l'heure bolivienne. On le regarde, on se regarde et on rigole en se disant que les boliviens ne doivent pas être connus pour leur ponctualité. Le guide nous redit que c'est l'heure bolivienne. Pas la même que la chilienne ... Non pas la même qu'au Chili, une heure de moins !!! Du coup, on est bon pour attendre 45 minutes pour que le petit déjeuner soit prêt. Finalement, il nous sera servi plus tôt. Finalement, hier on s'était couché à 20 heures.
Au cours de ce deuxième jour, les paysages sont plus arides et désertiques.
Le premier stop de la journée se fait dans un endroit où s'accumule d'immenses rochers que l'on peut escalader. L'un est plus célèbre que les autres bien que plus petit, c'est l'árbol de piedra.
Puis on roule pendant un certain temps à travers le désert de Siloli, on passe dans des canyons pas très élevés mais très étroits.Les photos ne sont pas toujours évidentes à prendre depuis l'autre côté de la vitre de la voiture !
Puis plusieurs lagunas altiplánicas s'enchaînent (Chiarcota, Honda, Hedionda, Cañapa).
La laguna Hedionda possède même un hôtel coloré avec ... le wifi. Il est vraiment partout celui-là. Les flamants roses sont toujours là. Je découvre comment ils s'alimentent. Ils marchent en laissant traîner leur bec dans l'eau qui agit comme un filtre, garde les bonnes particules et laisse échapper l'eau.
Nous prendrons notre repas à la laguna Cañapa. Et oui, nous ne sommes pas encore rassasiés malgré la quantité de beauté vue.
On reprend la route direction le Volcan Ollagüe, situé à la frontière de la Bolivie et du Chili, qui culmine à 5868 mètres, il est actif, de la fumée sort de son cratère.
Puis nous traversons le Salar de Chugiuana. La bolivie possède une des plus grandes réserves de sel au monde. Il est extrait et expédié par chemin de fer jusqu'au port chilien d'Antofagasta avant d'être exporté dans le monde entier. Ce salar est déjà grand. Qu'en sera-t-il de celui de demain ?!?!?
Le soir nous nous retrouvons dans un hôtel de sel, c'est-à-dire construit en briques de sel. Nous ne sommes à nouveau que deux groupes, ceux de l'agence, bien loin des autres groupes. C'est appréciable, un grand hôtel pour onze personnes. Il fait moins froid que la veille, le sel est un meilleur isolant, nous sommes aussi moins haut, à seulement 3600 mètres. Le repas avalé, nous restons sur une interrogation : avons-nous eu du poulet ou du flamant-rose à manger ... L'ossature de la bête semblant peu commune pour du poulet ! Nous ne nous coucherons guère plus tard que la veille.
Jour 3,
A 5h20, les sacs sont sur le toit, le 4x4 affiche complet et on part. Direction le Salar, point final de ces 3 jours. Point culminant ?!?! Il fait donc nuit, ce qui permet d'admirer une nouvelle fois les étoiles et la voie lactée nettement visible. Nous repassons par quelques petites routes, longeons les petits champs de quinoa vus la veille. On prend à gauche. Aux pistes caillouteuses et bringuebalantes succède la fluidité du sol de sel. Ça y est, nous y sommes. Il fait toujours nuit. Au fur et à mesure de notre avancée dans le salar, les couleurs commencent à apparaître sur le côté droit de la jeep. C'est calme. C'est immense, ça semble sans fin, on ne distingue que peu de contour. Les phares qui étaient derrière nous se déplacent plus ou moins loin sur notre gauche ou notre droite. Ici, il y a de la place pour tout le monde. C'est un sentiment étrange que de voir ces voitures rouler avec nous, toutes vers le même but, tous devant ressentir la même chose. Comme une sorte de communion. Par moment Andres éteint les phares, ce qui laisse encore mieux savourer le lever du soleil, l'ambiance particulière de ce petit matin. La voiture est silencieuse, elle l'a d'ailleurs souvent été si on fait abstraction des chansons "muy romantico" de notre guide. Mais aujourd'hui elle l'est encore plus. On roule assez longtemps. Et puis on commence à apercevoir une île. Oui une île. Plus on s'approche et plus j'ai réellement l'impression que nous sommes dans un bateau et que nous allons accoster sur cette improbable île.
Nous grimpons sur l'île Incahuasi afin d'admirer le lever de soleil. Elle est remplie d'énormes cactus certainement centenaires. Le soleil se lève et laisse découvrir l'immensité à 360°. L'horizon est dégagé quasiment partout. Le temps passe, les gens redescendent et je reste en haut à regarder sans cesse ce qu'il y a, essayant de me persuader que je ne suis pas en plein milieu de la mer. Avec les montagnes au loin et avec d'autres collines semblant moins éloignées et détachées du reste, je me crois en Polynésie. Tout simplement sublime.
Quand je redescends, les autres sont attablés, à part "amasing", "extraordinary" and "unbelievable" pas grand mot pour parler de ce que nous venons de voir. Le petit déjeuner terminé, on part à pied faire le tour de l'île, Andres nous récupérant plus loin. Expérience étrange que de marcher sur ce sol dur alors que l'on s'attendrait à un sable meuble. Il est râpeux mais pas froid sauf quand on s'arrête de marcher. De l'autre côté, l'horizon est dégagé. Seules quelques jeeps passent. Quel dommage de ne pas pouvoir marcher sur ce sol.
Andres nous récupère, et nous filons à travers le blanc. Encore et encore, c'est sans fin. Tout n'est que blanc. Plus d'avant, plus d'arrière, plus de côtés. Plus loin, des 4x4 sont stoppés très éloignés les uns des autres. Les occupants sont descendus. Séance photo pour profiter de la perspective inédite qu'offre le salar d'Uyuni. Nous ne dérogeons pas à la règle. On resterait bien là. Mais faut remonter, d'autres choses nous attendent encore paraît-il.
Le Salar sous l'eau, un miroir d'une beauté inouïe. L'eau est froide, le sel se découpe en petits morceaux, l'eau est ultra salée, le reflet est parfait.
Bolivia,











































Je ne vais pas être original ,maman va encore se moquer de moi car je dis toujours la même chose mais wwwaaahhooouu c'est juste "amazing " !
RépondreSupprimerUn jour j'irai voir ça de mes propres yeux c'est obligé faut que je le vois de mes propres yeux !!!!!
Difficile de trouver la plus belle photo, elles sont toutes topissimes! Je ne savais pas que les dinosaures avaient survécu en Amérique Latine ...
RépondreSupprimersouvenirs, souvenirs, trop dépaysant ce trip en Bolivie !
RépondreSupprimerContente pour toi que tu te sois décidée...