Pour les 15 jours suivants, on a envie d'une voiture pour pouvoir se ballader tranquillement dans la région sans être tributaire des liaisons de bus et de leurs villes desservies.
Après consultation de quelques prix en agence argentine et chilienne, on se rend à l'évidence : c'est moins cher au Chili sauf que nous, et bah on n'y est pas au Chili. Certes, on est pas loin, la frontière est à 100 kilomètres et y'a des bus qui amènent au Chili. Sauf que nous, on est en Argentine et que les bus argentins, et ben, ils sont "muy carò". Donc on va tenter le stop. Sauf que y'a une frontière à passer et qu'on sait que ça rend le stop moins évident.
Le lieu pour faire le stop dans à peu près toutes les villes c'est la sortie de la ville qui bien souvent se trouve au terminal de bus. A chaque fois, on commence à lever le pouce et/ou la pancarte sur la route amenant à la gare routière mais les gens soit nous nient, soit font un geste indiquant qu'ils restent dans le centre ou qu'ils prennent une direction qui n'est pas la nôtre, soit se marrent, soit haussent les épaules et abaissent les lèvres de désolation car la voiture est déjà complète.
On se stoppe un peu après le terminal de bus dans un endroit dégagé, il fait beau, c'est déjà un bon point. 30 minutes s'écoulent et on est pris par Gerardo et sa Fiat Uno qui reviennent de quelques jours de vacances passées à El Bolsòn, une ville plus au sud que Bariloch', il habite Villa La Angustura, 70 kilomètres plus au nord. Il nous dépose en sortie de ville. On se dit qu'il faut manger nos sandwichs car les douaniers chiliens sont pas des rigolos et jettent toute l'alimentation fraiche ou sèche (fruits, légumes, paquet de gâteau entamé, ...) à l'entrée du pays. Sandwich à la main, un camion arrive au loin. Est-ce qu'on tente ou bien on mange tranquillement au bord de la route ? Je lève le pouce. Le chauffeur appuie sur la pédale de frein. Il va jusque Osorno, la prochaine grosse ville au Chili, ce qui nous convient. Il nous dit qu'il nous déposera avant le premier contrôle barrière de la douane et qu'il nous récupérera après le second. Passage de frontière à pied, on attend un peu plus loin sur la route après un virage, afin de ne pas être à la vue des douaniers. Le temps s'écoule et Rafael ne repasse pas. D'ailleurs peu de camions passent. On se donne un temps et si une fois le délai écoulé, notre camion chilien n'est pas réapparu, on recommence le stop. Une voiture argentine passe puis recule. Elle pensait déjà avoir son quota d'auto-stoppeur en la personne de Ramsès, un jeune paraguayien, mais elle en comptera deux de plus. Le long des 40 kilomètres de route sinueuse qui sépare les deux postes frontière, on voit deux camions couchés sur le flanc. Les occupants sont indemnes mais certainement bien effrayés. Notre conductrice nous laissera également avant la première barrière de la douane argentine.
À 18h, nous sommes en règle pour voyager au Chili. Rafael fait sa réapparition mais ne souhaite pas nous reprendre. Mystère ! Ce n'est pas bien grave car nous croulons sous les possibilités pour continuer : un autre camion pour Osorno que l'on partagerait avec Ramsès, le bus partant de Bariloche qui passe le contrôle frontière mais dont le prix est maintenant nettement moins cher (5000 pesos chilien (7 euros) pour faire 220 kilomètres contre 500 pesos argentins (50 euros au taux officiel) pour en faire 320) ou bien continuer notre stop et espérer une voiture qui irait à Puerto Varas. Finalement, cette dernière étape de route ne nous coûtera rien et nous serons déposées en plein centre-ville de Puerto Varas.
Lundi matin, on se met en mode trafiquant d'argent : retirer des pesos chiliens et les changer en grosses coupures de dollars pour pouvoir les échanger à un meilleur taux en Argentine. Des centaines de dollars dans les poches, on va récupérer la voiture. On fait quand même le tour des autres agences pour voir si y'a pas moins cher que ce qu'on a trouvé. Il y a mais les formalités administratives prendraient davantage de temps. On a besoin d'une autorisation pour circuler en Argentine et on la veut rapidement pour retourner à Bariloche le jour même. La plupart des agences ne peuvent nous la fournir que pour le lendemain. On récupère notre Nissan Tiida vers 17h30. 220 kilomètres nous séparent de la frontière qui ferme apparemment à 20 heures. Va falloir que ça le fasse car on a aucune envie de dormir dans la voiture en plein no man's land potentiellement entourées de pumas. Des travaux sur la route entre Osorno et la frontière nous ralentissent pas mal. On approche mais on n'est pas seules. Une longue file de voitures s’égrène jusqu’à la première guitoune chilienne, passant une par une. A chaque avancée, on craint que la barrière ne s'abaisse définitivement fermant la frontière pour la journée. Notre Nissan est la dernière voiture à passer avant 20h. On révise le nom du gars qui nous a loué la voiture car, petite magouille pour avoir les papiers plus rapidement, il faudra dire que nous sommes amis et qu'il nous a prêté sa voiture si jamais nous sommes interrogées. La frontière est blindée d'argentins qui rentrent de weekend prolongé. Bien qu'en voiture, on mettra encore presque 3 heures pour avoir deux tampons de plus sur nos passeports. Encore 100 kilomètres pour retrouver les chalets de Bariloch'. Minuit. Au lit !


Ça c'est l'aventure .... Le piment du voyage :-)
RépondreSupprimerma série préférée!…je suis accro…d'autant plus que tes photos sont très belles…vraiment pro…EL.J
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