Ushuaïa c'est bien mais c'est très compliqué de partir. Bien que touristique, la ville est assez mal organisée pour accueillir les touristes, j'entends pour les hébergements et les transports pour quitter la ville. Pour les excursions, ils savent faire.
L'idée était de gagner le Chili par un autre chemin que celui de l'aller, par la ville de Porvenir afin de prendre le ferry et d'arriver directement à Punta Arenas. Sauf que y'a aucun bus qui va à Porvenir. Y'a bien la solution du bateau depuis Puerto Williams jusque Punta Arenas mais faut compter 200 dollars. Donc exit.
D'où l'idée du stop, il parait que ça marche bien en Argentine. Mais au Chili ?
Postés sur le port avec nos sac à dos, on se fait prendre assez rapidement pour nous déposer à l'entrée de la ville. Déposés, on remonte peu de temps après dans un 4x4 berline d'un retraité partant à la pêche à Tolhuin. Il nous dépose à Tolhuin et on attend un peu avant de remonter dans une chevrolet conduite par un jeune argentin réalisateur de court-métrage accompagnée de sa mère (ou de sa copine si les argentins succombent aussi à l'effet cougar). Ils nous laissent à Rio Grande après 100 kilomètres de route effectuées au bon son des tubes américains des années 90. Peu de temps après, un père amenant sa fille voir les pingouins nous prend. Et lui il est encore plus adorable que les autres car il nous dépose au final à la frontière argentine quelques 50 kilomètres plus loin. On a mis du temps à accepter, on était un peu gênés car notre dépôt à la frontière retardera la rencontre de sa fille avec les pinguouins. Mais au final on aura bien fait d'accepter sa proposition.
Après ce fut nettement moins facile. Une bonne heure pour trouver deux véhicules pour traverser les 12 kilomètres de no man's land dont une voiture de deux femmes chiliennes dont on découvre plus tard dans la voiture qu'elles vont à Porvenir mais comme on ne leur a pas dit au départ qu'on souhaitait y aller mais juste rejoindre la frontière chilienne et que accessoirement ce sont deux connes, elles ne nous reprendrons pas du côté chilien.
Donc, on reprend notre stop en vain et on décide de passer la nuit dans l'hôtel de la frontière chilienne où "el jefe" en plus d'être assez désagréable pratique le taux de change que bon lui semble. Mais en fait j'étais assez contente de passer la nuit dans cet endroit perdu au milieu de nulle part.
Le lendemain, on reprend le stop direction Porvenir. On marche sac sur le dos pour se placer un peu plus haut sur la route à une intersection. On attend un peu, un peu beaucoup, beaucoup et puis on est pris par deux types qui travaillent dans une estancia. On fait 40 bornes avec eux et ils nous proposent de nous déposer 30 bornes plus loin mais pas sur notre itinéraire pour aller voir les "pinguinos Rey" qu'on ne peut voir qu'à trois endroits : là, en Antarctique et aux îles Fauckland. Bien tentés, on décline l'offre car cela semble trop compliqué pour revenir. Donc on se poste à nouveau sur le bord de la route et on attend dans les rafales de vent et le grain par intermittence pendant de très longues minutes qui lentement se cumulent en heures. On a rien à manger, seuls quelques gâteaux, et on entrevoit le fait que nous serons peut-être obligés de passer la nuit dans la cabane qui nous fait face et de prendre un bus qui passera le lendemain matin à cette intersection pour Porvenir.
Les quelques voitures qui passent vont soit voir les pingouins soit remontent vers le nord mais aucune ne prend la route au bord de laquelle nous attendons. Ah si un camion transportant des moutons que nous ratons.
On se dit qu'on va changer nos plans et qu'on montera dans la première voiture qui passera soit pour Porvenir soit pour le Nord. Ce sera pour le Nord dans un pick-up rouge acheté par deux jeunes américains de Boston à l'occasion de leur road-trip. Leur destination initiale était Puerto Natales, une ville plus au nord que Punta Arenas mais finalement ils s'arrêteront comme nous à Punta Arenas après 6 heures de route, un bruit d'enfer dans cette caisse, une traversée du Détroit de Magellan, des vieux bateaux échoués rouillés et grignotés par le sel.




Eh oui, pas si simple, l'aventure! Bises
RépondreSupprimerCe sont les galères qui font les plus beaux souvenirs et des rencontres improbables... Les photos sont superbes
RépondreSupprimer